Et en voici une petite, qui contient un brin de médecine, et quelque peu de mélancolie.

  • Par clopine
  • Le 03/07/2016
  • Commentaires (1)

 Ces deux-trois derniers jours, plus moyen d'y couper. Pour des tas de raisons aussi vaseuses que variées, et qu'il est absolument hors de question que je vous raconte (d'ailleurs, aucune question ne sera recevable !!!) , il  a fallu que j'y passe... Un peu meurtrie, il a bien fallu, en plus,  que je m'avoue la vérité : pas d'histoires possibles. Je ne pouvais plus faire face, surtout si je restais dans cette demeure où j'habite, et où je ne suis jamais sûre d'être bien chez moi. 

Mais je vis dans un pays formidable, où l'on peut vous proposer des alternatives sécurisées et hors de tout contemporéanité : depuis combien de temps n'avais-je pas profité d'un environnement sans bruit, sans télévision, sans autre présence que celle, légère, d'un personnel médical ayant parfaitement compris mon besoin de silence ? Je pensais à Pascal, à Montaigne, à Descartes : les chambres et les poêles propices à la méditation se cachent désormais derrière les panneaux recommandant le silence aux visiteurs des hôpitaux, et la chance avait même voulu que le bruit des automobiles, sur la route proche, soit espacé et distant, suffisamment pour oublier tous les moteurs de notre civilisation...

Un asile, donc ? Une thébaïde ? La quiétude d'un cloître chrétien ?

Non, faut tout de même pas pousser Mémé (c'est-à-dire bibi), dans les orties. Comme dans le fabuleux livre de Westmacott "loin de vous ce printemps", le face-à-face avec soi-même est d'autant plus douloureux que l'image des "autres", et l'horreur de vos rapports à autrui,  vient également s'y préciser...

Il restait le sommeil. Après tout, j'étais un peu là pour ça. Et puis,  "le rêve n'est -il pas la voie royale de l'inconscient" ?

Forte de cette certitude, et fort médicalement entourée, je m'y suis donc plongée. Mais sans délices.. 

Et le résultat est tombé, dru comme la pluie insensée de cet été qui n'en est pas un :

je ne serai donc jamais plus qu'une Belle aux Abois, dormant.

 

 

 

 

Unborn01

 

 

 

Commentaires (1)

gina
  • 1. gina | 05/07/2016

Clopine, de tous les internautes qu'il m'ait été donnée de connaître, vous êtes sans doute la personne qui m'a le plus touchée par son humour, sa désespérance, son talent, sa lucidité et bien d'autres qualités qui font une personnalité hors nomes et attachante. Vous resterez dans mon esprit, quelque part, sans que jamais votre souvenir disparaisse totalement. Je ne sais pas pourquoi, c'est ainsi. Toute une vie, c'est long et c'est court. Il y a une, deux, voire trois personnes qui vous obligent à penser que nous n'avons pas vécu pour rien. En dehors de la joie infinie que la nature et ses richesses m'auront procurées et qui, forcément, m'interpellent sur l'origine, sur la puissance d'une telle diversité, les êtres humains en font partie : ni plus ni moins. Je n'ai rien à vous suggérer, rien à vous donner, à vous offrir étant moi-même au 36 ème dessous mais je tenais à vous remercier d'être ce que vous êtes en vous souhaitant, naturellement, de vous rétablir. Si ce n'était que pour le plaisir divin de respirer le parfum d'une rose de votre jardin, peut-être auriez-vous à ce moment précis, le sentiment que rien n'est le fruit du hasard, que tout cet amas confus, hétéroclite signifie a bel et bien une raison d'être. Nous devons l'admettre à défaut de le comprendre. Bien à vous. Gina

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