Des nouvelles de mon âme

Je pourrais "faire dans le quotidien" :

* raconter le rendez-vous avec Clopinou - incroyable, partis de Beaubec à 14 h, nous avons garé la twingo n'importe comment sur la place de la Sorbonne à 16 h 15 et à 16 h 18 nous retrouvions le fiston :  ça c'est de la chronoexactitude !

* faire état du récit dudit Clopinou, qui a amené comme une narquoiserie dans l'atmosphère :   juste avant de nous retrouver, le Clopinou était assis à côté d'Alain Badiou,  dans un amphi de la Sorbonne, pour une conférence sur Marx. Il paraît donc  que ça a dégénéré entre ledit-Badiou et le conférencier - qui se sont proprement insultés à la fin, après un débat sur le "nombre de morts dûs au stalinisme" (ah là là !) . Heureusement que Clopinou a suffisamment de bon sens pour hausser les épaules devant les débordements de son voisin, et qu'il continue à penser par lui-même : ce qui me rend, finalement, encore plus fière de lui que de ses résultats (qui ne sont pourtant pas médiocres !!!)

 

Je pourrais "faire dans le beaubecquois" : vous raconter que nous avons des doutes sur le compotrement de notre chien bien-aimé (trop aimé ?) : il semble, en vieillissant, développer une dépendance  qui le conduit à ne plus supporter que nous soyons absents. Il a grogné après notre voisin, ce qui ne lui était jamais arrivé !!!Plus grave : il a grogné aussi apèrs Clopin... Bon sang, les animaux, s'ils sont conscients des interdits, n'ont aucune capacité à discerner le mal du bien : notre chien aurait-il une dégénrescence neuronale, ou une quelconque pathologie psychologique ?

 

Ou bien le chien partage-t-il avec moi le vrai sujet que je voulais aborder aujourd'hui : le mal à l'âme ? Je suis en effet persuadée que nous en avons une, d'âme, qui se présente et s'évanouit, s'enfle et se dégonfle, apparaît et disparaît, au gré de notre souffle, de nos pensées, de nos chagrins ou de nos joies. Un ballon extensible, parfois douloureux, parfois extasié, qui réunit en une seule et imperceptible entité notre inconscient, nos émotions, notre corps et notre intelligence. Seule différence avec l'âme des croyants : la mienne (et celle de mon chien) est parfaitement mortelle - et elle est atteignable ; j'en veux pour preuve le mal de chien qu'elle me donne quand il s'agit d'apprender le passé et l'avenir. Comme si l'âme, finalement, n'était supportable qu'au présent, quand elle est tenue à la discrétion par la laisse de la réalité... Soupir.

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