Me voici toute encouragée...

J'ai reçu un superbe message de mon amie Véronique Aubouy, la cinéaste qui a consacré une partie de sa vie à Proust, et qui a réalisé un film expérimental d'une beauté troublante (comme son sujet), intitulé "Je suis Annemarie Schwarzenbach".

C'est la magie du net (et de Marcel Proust) qui nous a liées elle et moi, car sans cela, je n'aurais jamais eu la chance de la rencontrer. Et c'est aussi, bien sûr, la seule vraie "pro  du cinéma" de mon entourage : c'est dire si son avis compte pour moi, et pour Clopin.

Or, elle est carrément enthousiaste au sujet "Des racines et des haies" !!!

Oh, j'entends d'ici les vilaines petites voix malveillantes qui  vont mettre son avis positif  sur le compte de son amitié  et de sa gentillesse, histoire de me décourager... Mais ce n'est pas vrai. C'est vraiment sincèrement qu'elle nous félicite, et la preuve en est : elle nous donne un conseil qui est un des plus pertinents que j'ai entendus jusqu'ici.

Pertinent, et vertigineux...

Ecoutez plutôt :

"S'il faut faire une critique, mais franchement plutôt qu'une critique ce serait un encouragement : l'esthétique et la filiation sont évidemment très "télé" pour la cinéaste que je suis, on a la donne dès le titre en plus, c'est un choix donc. Mais vous pourriez aussi faire le choix du cinéma… Avec des sujets pareils, il y a de quoi faire. "

Elle a évidemment raison : notre documentaire est très "télé" - et c'est ce qui nous différencie aussi d'une "vraie" cinéaste comme Ariane Doublet.

Véronique poursuit :
 
"La différence entre télé et cinéma, vous vous demandez peut-être, c'est quoi ? On pourra en parler, c'est des images pensées différemment, c'est un montage subtil, ce sont des ambiguïtés laissées à la discrétion du spectateur, c'est aussi un ton particulier, un caractère, vous n'êtes pas loin, vous avez la bonne "gniac" (je ne sais pas comment ça s'écrit !!!), poussez encore un peu, devenez intransigeants, voire agressifs, il le faut, et ça deviendra du cinéma !!!"

C'est là que le vertige me prend un peu. D'autant que, si je vois un peu  ce qu'elle veut dire, je ne sais pas du tout si, au niveau de l'écriture, j'en suis capable. Je crains fortement n'avoir pas l'agressivité requise. Clopin, sans doute plus - mais à ce moment-là, cela voudrait dire, à mes yeux, que je n'écris plus pour "les brayons", ou "le monde rural" - mais carrément pour un pubilc non précisé. Et je connais le rapport à l'image de Clopin : son regard est toujours bienveillant dans ses photos...  Il faudra effectivement que nous en parlions ensemble.

Mais en tout cas, ça donne envie, même si... ça fait frémir...

Véronique finit ainsi :

"En tous cas pour une première expérience, elle est très réussie ! Bravo les petits loups ! Et surtout on a envie de vous dire : continuez ! Devenez les cinéastes du pays de Bray…  Devenez les Wiseman de Bray !  Encore bravo, vraiment c'est une réussite et je vous encourage à continuer !"

 
Nous voici  donc tout encouragés, presqu' "adoubés", certes, mais... (et oui, toujours ce "MAIS") : je crois que je suis en train, à toute vitesse, d'éprouver le complexe d'Icare : certes, pourvue d'ailes qui ne demandent qu'à se déployer, mais ... attention, attention à la chute...
 
                                                             Chute d icare
 
 
 
 

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