ô tempora, ô mores...

Je crois que cela fait quelques siècles que chacun se plaint de son époque. Mais j'ai cependant l'impression (partagée visiblement par les membres de ma famille...) que tous nous souffrons d'un mal endémique à notre temps où, soi-disant, la "communication" est libre, facile, aisée d'un bout à l'autre de la planète, prépondérante et à la portée de tous...

Allez j' illustre.

C'est un sujet qui intéresse, à mon sens, tous les candidats qui sont comme moi à la veille (ou presque, disons que cela se compte désormais en mois...) de la retraite. A combien se montera la pension mensuelle ? Toutes ces années, passées à l'intérieur des murs, à louper le printemps et mal vivre l'automne, combien vont-elles me "rapporter", finalement ?

Intéressante question, à laquelle j'ai eu un début de réponse grâce aux calculs et estimations envoyées par courrier...

Oui, mais voilà. Si je veux partir non à la date  prévue, mais en prolongeant de quelques mois, histoire de mettre un peu de beurre dans mes épinards (et autres légumes clopiniens...), ça va se chiffrer à combien ?

Bref, j'étais en demande d'une simulation, une vraie, hein, pas du genre de celles que certaines filles avisées pratiquent couramment dans leurs rapports avec l'autre sexe...

Pas de problème, me direz-vous. Il y a des gens qui sont là pour ça, dans ce très estimable établissement qui se nomme la "CARSAT" et qui est chargé des relations entre le futur retraité, celui qui a vu partir, mois après mois, les sous gagnés à la sueur de son front, et sa (ses) caisse(s) de retraite.

C'est bien entendu là que le bât commence à blesser, et j'invite tout de suite les âmes sensibles à stopper net la lecture de ce compte rendu - rigoureusement authentique, mais si navrant, au fond, qu'on en viendrait presque à envier les anglais brexités et réfractaires aux droits sociaux, c'est dire...

DONC, j'ai téléphoné à la CARSAT, un beau matin tireli tirelo, et un petit peu sur mon temps de travail, je l'avoue...

Je suis bien évidemment tombée sur une saloperie de répondeur, qui énumérait les choix possibles, aucun d'entre eux ne répondant à ma demande de simultation, et qui m'invitait fortement à aller consulter le site internet de la CARSAT.

Ce que je fis tout aussitôt, sacrifiant sans regret ma pause de midi.

Oh qu'il est beau, le site de la CARSAT. On vous y invite à vous inscrire pour avoir un "identifiant", on vous propose des tas d'informations, et on va même jusqu'à mettre, à droite de la page d'accueil, un encart intitulé "prendre rendez-vous avec un conseiller".

Ca me plaisait bien.

Je me voyais déjà arriver dans un bureau, avec mon dossier sous le bras, m'asseoir devant un(e) fonctionnaire ou assimilé(e) (maintenant, quand on va dans un bureau, la probabilité de parler à une stagiaire prétendant à un CDD de six mois et quatre jours a fortement augmenté...), et apprendre le montant  prévisionnel  de ma pension, si je partais le 1er août 2018, ou le 1er octobre...

J'ai donc cliqué.

On m'a alors demandé de remplir un questionnaire attestant de mon identité, de mon domicile, du motif de ma demande de rendez-vous, etc. J'ai rempli, l'âme sereine et l'estomac vide (ben oui, c'était, je vous le rappelle, la pause du midi...) tous les renseignements demandés.

je suis donc passée à l'écran suivant, qui vérifiait les renseignements fournis à la page précédente. Quelle conscience professionnelle, me disais-je in petto, remplissant ligne après ligne et consciencieusement tout ce que  l'on me demandait...

 

Et je suis passée à l'étape suivante, la trois, qui s'intitulait "Chosir votre lieu de rendez-vous".

Là, il n'y avait rien.

sauf un choix "autre lieu de rendez-vous", qui semblait déplacé, puisque je n'avais encore rien choisi...

J'ai quand même cliqué dessus, puisqu'il n'y avait rien d'autre. Que ceux qui n'auraient pas fait comme moi lèvent le doigt !

On m'a répondu qu'il n'y avait pas d'autre lieu de rendez-vous...

Au bout d'un moment, j'ai laissé tomber et suis allée me rassasier, mais enfin j'étais mécontente, car si mon estomac était calmé, ma légitime curiosité sur ce qui allait m'arriver, elle, ne l'était pas.

Alors j'ai poireauté un peu et, à une heure décente, soit 14 heures, j'ai rappelé au téléphone la CARSAT.

Je suis évidemment tombée sur le même répondeur que le matin, avec aucun des choix ne me convenant. Or, prise d'une subite inspiration, j'ai décidé de patienter au bout du fil après l'annonce enregistrée qui me conseillait, après tous les autres choix et pour la modique somme de 0,75 euros la minute, de retourner sur le site internet.

C'est un tuyau que je vous donne confidentiellement : accrochez-vous quelques minutes après les annonces enregistrées, et, ô joie, vous entendrez une voix humaine en direct.

un vrai être humain, constitué comme vous et moi !

et qui vous répond avec un vraie voix...

Pour vous annoncer, un peu gênée, que la CARSAT ne donnne pas de rendez-vous avec un conseiller.

Comment ça ?

Béh non.

Mais encore ?

Non, vous dis-je.

Mais pourquoi, alors, le site, et l'encart, et les renseignements, et les étapes, et les beaux écrans ?

Ah, ça ?

....

Ca, c'est parce que le site est national, et que les agences CARSAT sont régionales. Et l'agence régionale ne donne pas de rendez-vous avec un conseiller...

J'ai senti ma digestion se bloquer d'un coup. Ce n'était pas que j'étais contrariée. C'est juste que je trouvais que la CARSAT était une belle enfoirée, que je sentais que la personne qui me répondait foireusement n'allait certes pas partager mon indignation (surtout qu'on risquait, d'après le répondeur, d'être enregistrées...) et qu'éberluée, j'apprenais qu'il me faudrait faire les simulations moi-même, ou bien attendre les bulletins envoyés de façon systématique mais tous les cinq ans (c'est-à-dire en 2021 pour un départ prévu en 2017-2018 !!!), ou bien lui donner les éléments là maintenant mais de toute façon je ne saurais que le montant correspondant à ce que j'avais fait dans le privé... Pour le public, c'était ailleurs (mais pourtant, j'avais bien reçu par la poste un récapitulatif complet, privé + public, non ?)

A l'heure où je vous écris, je ne sais toujours pas le montant estimatif de ma pension de retraire, s'il me venait à l'idée de partir le 1er août 2018...

Mais je continue à payer tous les mois, bien entendu.

Soupir.

 

 

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