Tourner la page d'une fin qui n'en finissait pas...

Je ne sais si j'aurai  le courage d'écrire un jour sur l'agonie de la mère de Clopin. Pour l'instant, mon seul réflexe de survie a été d'ouvrir portes et fenêtres de la maison où elle a vécu cloîtrée pendant tant d'années, de mois, de jours, d'ouvrir tout, en grand,  de déranger les araignées et de  faire entrer la lumière,  le plus largement possible... Et puis je suis partie avec Clopin dans le Berry.

Non sur les traces de George Sand, mais simplement pour tourner la page d'une fin qui n'en finissait pas de finir. Dix longues journées d'agonie, 240 heures, 14 400 minutes... Comme dit Proust dans la plus courte de ses phrases "Chacun de nous est bien seul"...

Alors, justement, pour échapper à la solitude de la mort, nous sommes partis nous "ressourcer" : et il s'agissait bien de cela, puisque nous avons assisté, pendant deux jours, aux confirmations de race et championnats consacrant le Grand Noir du Berry.

(pour ceux qui l'ignorent encore, NOTRE Grand Noir du Berry, le merveilleux Dagobert, est lui aussi parti brouter l'éternité, après avoir,   pendant quinze ans,  sauvé notre couple, trimballé nos enfants et nos amis, tiré vaillamment notre voiture à âne et laissé derrière lui le souvenir d'un animal aussi gentil que robuste à la tâche. Ah ! Si seulement Mamy pouvait le chevaucher à son tour, dans les prairies élyséennes, cela la consolerait sans doute de nous avoir quittés, elle qui, de son vivant, passant résolument à côté de tous les plaisirs terrestres,   n'a jamais daigné faire une seule promenade avec lui ..)

 

Nous sommes donc des fans de ces animaux, et là, nous avons été servis. J'ai été absolument enthousiasmée par un attelage à quatre ânes, ce qui requiert une dectérité, une maîtrise et une force hors du commun. Mais tout m 'a plu : la gentillesse des berrichons, leur accent, la roulotte dans laquelle nous logions, les animaux qui se sont succédés (et l'âine de notre ami Franck a remporté le second prix : jolie reconnaissance !) et le beau site de la cité de l'âne et du cheval de Lignières en Berry. Même l'abondance des maisons fermées (comme celle de Mamy...), dans Lignières, qui témoignent d'une décadence de la petite ville, n'a pu atteindre mon plaisir d'être là. Et du coup, devinez quoi ?

Eh oui, bien sûr, nous risquons fort d'acheter de nouveau un grand Noir du Berry.... ci-dessous, voici les photos et leurs légendes de notre bol d'air asinier  (je ne sais pas bien mettre en page les images, alors bon ça ira comme cela, pas vrai ? ) par ordre d'apparition : 1 -  enseigne de Monsieur HURLEY,   puis 2 - Berrichon avec son Grand Noir, 3 -  un formidable quadrige (Bravo le Cocher !),4 - de beaux colliers autour des têtes aux yeux doux et égyptiens (marque du Grand Noir), 5 -  comment tresser la queue d'un percheron berrichon (une certaine technique est requise), 6 - nous aussi nous sommes adhérents de l'association mais nous n'avons pas encore de belles chemises, et enfin... 7 - Toute la tendresse asine dont nous avons envie !

 

Enseigne aneLe berrichon et son grand noirQuadrigeAttelageLa tresseChemise du grand noirTendresse asine

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