Tristes transports...

  • Par clopine
  • Le 20/11/2016
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Une amie bien informée nous prévient que plusieurs centaines (oui, vous avez bien lu, centaines !)) d'arbres risquent d'être abattus à Rouen, et que la grande décapitation a d'ores et déjà commencé sur les quais...

Mais le pire reste à venir sur les boulevards de l'Yser et des Belges. Tous les rouennais, même ceux qui, comme moi, ont fort peu de connaissances historiques, ressentent que ces boulevards-là correspondent très certainement à d'anciennes limites de la ville. Le donjon, seul lieu où la présence de Jeanne d'Arc (hormis la place de son bûcher, évidemment) est attestée, est juste en-deça. Au-delà, ce sont les collines "du bon côté" de Rouen,( l'ensoleillé ), qui commencent, avec les privilégiés qui étagent leurs belles maisons sur les flancs des côteaux de Mont-Saint-Aignan ou Bois-Guillaume...

Oh, évidemment, l'intention est louable, comme tous les pavés de l'enfer : il s'agit de doubler la ligne métro-bus existante, et qui remplit parfaitement son office depuis une bonne vingtaines d'années. Mais tout aussi évidemment, alors que partout ailleurs dans le monde des villes se mettent au vert et aménagent sérieusement leurs déplacements en minimisant la circulation routière, à Rouen, on imagine l'inverse. Au lieu de prendre sur la chaussée pour n'y laisser qu'une voie et faire passer les transports en commun sur la voie ainsi gagnée, on envisage sérieusement de piquer les emplacements des trottoirs et donc d'abattre les rangées de platanes et autres essences qui y figurent. La main sur le coeur, "on replantera" -  sans prendre en compte  les difficultés qu'ont les pousses à grandir, sur dix arbres plantés seuls deux arrivent à survivre, et d'ailleurs, on les replantera où ?

...

De plus, supprimer ces arbres c'est bien évidemment augmenter encore la fournaise estivale, surtout si la circulation automobile n'est pas diminuée. Les prostituées qui hante le boulevard des Belges seront épargnées, puisque les horaires de travail sont nocturnes, mais je ne pense pas que ce soit la principale préoccupation des commerçants qui s'opposent à toute réduction du trafic. Il faut que le client puisse circuler tout seul dans sa bagnole et parvenir ainsi jusqu'au pas de leurs portes, disent -ils. Ont-il oublié que le centre ville, piétonnier depuis soixante ans, n'a certes pas souffert de l'interdiction automobile ? Oh, bien sur, c'est devenu un exploit d'acheter un paquet de nouilles dans le centre : il n'y a plus que des boutiques de fringue. Mais la foule qui se presse rue du Gros n'a pas diminué, du fait d'être devenue piétonne, au contraire...

 

Plus que jamais, le bien public s'oppose aux intérêts financiers du consumérisme : et ce sont les beaux arbres des boulevards qui risquent de payer la note...

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