Worlds, worlds, Worlds...

  • Par clopine
  • Le 13/11/2016
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Car il s'agit de la même humanité, celle qui vote Trump ou Le Pen, celle qui brandit le nom d'Allah et la kalach (quand ce n'est pas le couteau à décapitation), celle qui aime  tant le silence des tables de nuit des assassins,  et trouve obscènes les paroles des homosexuels, des violées, celle qui admet du bout des lèvres la présence de l'autre, pourvu qu'il soit l'inférieur. Nos mondes sont différents, mais derrière tous les "words, words, words", nous restons bel et bien des humains !

Nous n'avons pas de Shakespeare pour décrire le tragique de ce nouveau siècle : tout juste Houellebecq, c'est dire.

 

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J'ai téléchargé, avec bien du mal, les oeuvres complètes d'Hugo sur ma liseuse : mais comment croire encore à la littérature ? Même celle-là, l'hugolienne dans laquelle j'ai appris à lire,  avec son souffle puissant, son empathie, son humanisme : rien n'y fait. Novembre peinturlure tout en marron -et nous sommes dans la merde pour longtemps.

 

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Peut-être en relisant Mac Cullers dans 'illuminations et nuits blanches". Carson est une amie. Mon amie.  Elle était croyante, bien sûr, et du Sud des Etats-Unis (ah ! Si seulement je pouvais passer une semaine avec elle ! Ou trois jours ! Ou une journée seulement, et nous causerions !) , et c'était une personne  si "impossible" qu'à la seule perspective qu'elle puisse avoir un enfant, son entourage s'évanouissait d'horreur, c'est dire le personnage. Et pourtant, dans cette si mince autobiographie, avec cette façon pataude de vouloir être aimée, avec la simplicité avec laquelle elle relate sa rencontre avec Annemarie Schwarzenbach, (sans dire le nom, d'ailleurs, mais je ne connais pas Véronique Aubouy pour rien, nom de zeus !), avec tout ce qui fait Carson, elle trouve encore le moyen d'être elle-même et d'être  mieux que quiconque, ce qu'un Trump (mais il ne s'agit pas de Trump, bien sûr, mais de pourquoi Trump est là, pourquoi tous ces gens qui votent pour lui en sont arrivés là), ne saurait comprendre...

Elle a répondu ceci à qui lui demandait de déposer ses manuscrits dans une bibliothèque où la ségrégation raciale jouait encore (en 1961 !) :

" Comment pourrais-je, en toute conscience, déposer mes archives dans un lieu où le droit de les lire et de s'en servir n'est pas accordé à tous ? Votre bibliothèque mérite-t-elle vraiment de s'appeler "publique" ? J'ai toujours cru, je crois toujours, que tous les hommes ont été créés par Dieu. Et l'idée que je me fais de Dieu m'interdit de penser qu'il ait pu ne pas les avoir créés tous égaux à ses yeux".

(et pas un mot sur Truman Capote, dans son autobiographie. Bien fait !)

 

 

 

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