Le petit bout de la queue de la chatte...

  • Par clopine
  • Le 22/11/2016
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Une fois n'est pas coutume : je vais vous parler d'un livre que je n'ai pas (encore) lu. Voici sa couverture :

 

 

 

Les gros mots couv plat1

C'est un livre féministe sur les gros mots. D'aucuns vont hurler au pléonasme, parce que pour plein de mes contemporain(e)s, "féminisme", c'est DEJA un gros mot... Mais justement : les mêmes qui repoussent, l'aîr rigolard et un peu dégoûté à la fois, le mot "féminisme", ignorent ou oublient que presque tout ce qui est féminin, pas "féministe", hein, simplement "féminin", est très souvent connoté péjorativement...

Bien entendu, il n'y a pas que les mots. Les  rémunérations aussi, la reconnaissance sociale itou, dès qu'elles sont féminines, subissent une nette dégradation... Mais à travers le simple vocabulaire, à travers les mots de tous les jours, la dépréciation, le mépris, inconscient ou non, le fatalisme ("la femme restera toujours la femme") et l'insulte se font jour : la situation féminine réelle est ainsi dévoilée - et à travers les mots et les paroles, la vérité de la domination, obstinément, dévoile son ricanement.

Je ne reviens pas sur l'insulte "con", n'est-ce pas... Mais je veux juste dire qu'aujourd'hui, entre cent idées reçues (au boulot, tiens "ah moi je préfère travailler avec des hommes, parce qu'il  n'y a rien de plus vache -sic- que les femmes entre elles"), ce qui ouvertement est féminin est toujours associée au vulgaire, à l'honteux, à "ce qui ne devrait pas être dit".

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais,  les medias et la nivellation vers le bas de nos écrans, l'irruption des termes argotiques et la banalisation des répertoires sexuels aidant, le triste passage de Coluche à Bigard quoi, eth bien un simple terme féminin comme celui  de "chatte" ne peut carrément plus être employé. J'ai des copains, des copines, qui racontent ainsi des anecdotes sur leur animal - en employant le mot "chat". Si on leur pose la quesiton, oh, bien sûr, ils vont avouer qu'il s'agit d'une femelle... Mais il faudra leur poser la question pour qu'ils osent prononcer le mot, qui sera bien entendu l'occasion de ricanements salaces...Ö ma chère Colette, toi qui en fis carrément le titre d'un de tes romans, croirais-tu cela ?

Alors ce livre "féministe" est forcément salutaire, et je m'en vais en faire, d'une manière ou d'une autre, l'acquisition.

Rien que pour avoir l'occasion d'appeler une chatte, une chatte...


 

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