trois petits tours...

J'ai vécu tour à tour trois jolis moments, cette fin de semaine.

 

Le super petit film-bijou "les pieds dans le tapis" : ça se passe en Iran et en France, et si c'est une réussite, c'est qu'il y a quelques solides raisons à cela : il témoigne complètement de notre temps, notamment le « rétrécissement » de notre planète, mais en positivant ce phénomène ; pas question ici de regretter le brassage des populations, le terrible et redoutable « choc des civilisations » comme dirait un Finkielkraut. Ici, vive le cosmopolitisme ! Vive la vie !

– c’est une sorte de « tour du monde » que nous faisons en une heure et demie, à condition d’exclure les états-unis de ce tour de monde, et d’accepter l’idée que son centre soit situé à… Brive-la-Gaillarde (!)

– rien n’est occulté dans ce film : ni la mort, ni la maladie, ni les difficultés sociales (des grévistes non payés depuis 6 mois…), ni la rigidité d’une société bloquée (la formidable scène des fiançailles), et pourtant tout devient aimable, et surtout les iraniens…

– quant au travail sur les préjugés, il est formidable. Je ne crois pas avoir déjà assisté (sauf peut-être dans Borat) à un tel jeu de massacre (dans le bon sens du terme) , mais, contrairement à Borat, précisément, le registre ici est si léger et plein d’humour que rien n’est asséné, tout est suggéré !

– le film est évidemment complètement féministe. Le moment disons « hot » du film, avec l’attente d’une scène d’amour, est traité comme je ne l’ai pas encore vu, et c’est irrésistible d’après moi.

– la mise en scène est enlevée – même si le procédé des appels téléphoniques a déjà été vu ailleurs, il est ici comme le reste : à sa place. Et les autres gags visuels (notamment le dernier) sont très réussis.

– quant à l’interprétation ! Le personnage de la mère demandait une interprète à la hauteur : l’actrice, c’est peu de le dire, est formidable, c’est juste l’élégance incarnée, et la maîtrise de soi. J’ai encore dans la rétine les gestes de sa main, quand elle renonce à comprendre quelque chose (ou qu’elle fait mine de renoncer, parce qu’en fait on sent que cette femme ne renoncera jamais !)

– la blondeur de la Briviste ne m’a pas dérangée, au contraire, car elle souligne le contraste entre le « noir iranien » et la « lumière » de la « doulce France ».

– et enfin, et en effet, comment ne pas chavirer en entendant le poème (sublime) d’Hugo, dit si magnifiquement par Villermoz ?

Un film qui a abordé tous les sujets douloureux de notre temps (l’embargo, tenez) et dont on sort avec le sourire, le coeur léger, et amoureuse ? Mais on en redemande !

lien ici : http://www.arte.tv/guide/fr/057873-000-A/les-pieds-dans-le-tapis

 

Le deuxième joli moment fut, hier au soir, la conférence gesticulée de Manuel Moreau sur le thème des "trois petits cochons" : c'est drôle, pédagogique, superbement joué, politisé et plus que sympathique. Si toi aussi, entre toutes les matières, c'est la ouate que tu préfères, fonces-y.

 

lien ici :https://www.youtube.com/watch?v=Pys8hh7BTBg

 

Enfin, ce matin, j'ai visité une charmante maison à ossature bois, isolation thermique +++, pompe à chaleur, récupération des eaux de pluie : grande, spacieuse, lumineuse, dans les frondaisons, ni tapageuse ni ostentatoire mais pleine de charme : oui, cela peut exister, et c'et même l'avenir...

 

 

×