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Le cadeau le plus extraordinaire...

Le 12/01/2016

 

Je vais vous raconter l'histoire du cadeau le plus extraordinaire jamais reçu, et un de ceux qui m'ont fait le plus plaisir, à part évidemment ceux dûs à la nature (un bébé, des animaux, des fleurs, des fruits, des arbres et des branches...).

Je l'ai reçu au lendemain d'une soirée non pas "banale" mais disons "ordinaire" - de celles qui nous arrivent parfois, ou même souvent, à Beaubec...

Ces soirées-là se passent souvent en juin, et se déroulent  sous la vigne, juste devant le potager  - enfin, je dis "le potager", mais c'est surtout une "déclaration" : pour arriver à la maison, il faut le traverser, et ce qui est signifié là, c'est déjà un mode de vie. Non que nous soyons les seuls à avoir un potager, m'enfin, nos voisins, souvent, relèguent la chose à côté, ou derrière leurs maisons, ou l'entourent d'une petite haie... Clopin, lui, l'affirme catégoriquement : sa terre produira les aliments dont nous nous nourrirons.

Donc, dans les assiettes, à Beaubec, on trouvera souvent les légumes aperçus en arrivant, et qui sont bien entendu d'une qualité supérieure à celle du commerce. Je n'en suis pas plus orgueilleuse, parce que tout cela, les tomates pleines de saveur, les fèves, les carottes et les salades, les pommes de terre et les haricots, les petits pois et les concombres, les navets et les courgettes, les légumes-racines et les légumes-feuilles, tout procède de Clopin, et si peu de moi...

Ma partie, c'est la cuisine, et avec le temps, (et le plaisir de recevoir les copains), j'ai acquis une certaine maîtrise de la chose

. Et puis c'est ma façon de donner, à moi.

Donc, ce soir-là, la table était gaiement mise sous la vigne, et nous recevions trois amis : Philippe J., et sa compagne, qui étaient venus accompagnés de leur ami Victor...

Je connais Philippe depuis trente-cinq ans au bas mot, et j'ai toujours trouvé de l'intérêt à sa conversation. Pourtant, son univers est très différent du mien : ensiegnant-chercheur en  mathématiques à l'université, guitariste accompli, motard (d'énormes motos anglaises et classieuses, la dernière était d'un vert chou très particulier), professeur d'aïkido et adepte d'une certaine réserve devant les idéologies de son époque, rien ne le rapproche a priori (sinon des utopies passées, que nous avons  vécues  ensemble) de la sorte de cas définitivement à part que je suis... Et pourtant : c'est toujours un vrai plaisir de le recevoir.

Surtout s'il vient avec sa compagne, et Victor...