La récente visite de Dominique P., dimanche dernier, me turlupine... Encore, me direz-vous ? Il ne s'agit pourtant que d'un vieux pote de Clopin, dont le chemin s'était écarté depuis longtemps, et qui a souhaité reprendre contact. Finalement, suis-je même véritablement concernée ?
Et pourtant, je tourne encore autour de cette visite, à cause des sentiments pour le moins mélangés qu'elle a provoqués chez moi, et surtout parce que j'ai eu comme une impression de redite, de déjà vu.
Ce n'est pas la première fois, en effet, qu'un "vieux copain", divorcé, accompagné d'un fils, vient rendre visite à Clopin. Pas la première fois que je ressens cette sorte d'étonnement mêlé de tristesse, devant ce qu'un père peut laisser échapper, devant son fils, d'humeurs aigres, de petits jugements mysogynes, de mouvements de révoltes amers... Dominique P. est bien trop cultivé et intelligent pour "passer la mesure" - mais il y a quelques années, un autre, disons un certain JF, a également franchi notre porte - et celui-là était si bête, et si catégorique dans des propos accablants, sans qu'il s'en rende compte, qu'il n'avait pas fini vraiment la soirée. Disons que j'avais commencé sérieusement, au bout de deux ou trois heures, à me demander comment j'allais poliment le mettre à la porte...
Je ne supportais plus que cet homme, devant son gamin d'une douzaine d'années, cherche une sorte de complicité avec Clopin, sur le thème "la mère est une salope". Je n'avais aucune envie de juger ces propos, ni sur la forme, ni sur le fonds. Je voulais juste que l'enfant, qui était AUSSI le fils de cette mère, donc, arrête d'entendre ça. J'avais fini par interpeller JF, en lui rappelant que cette "salope", il l'avait suffisamment désirée pour lui faire un enfant... JF était d'ailleurs lamentable dans son argumentation. Il brandissait, comme justificatif à ces termes insupportables, que c'était "la vérité" : et puisque c'était "la vérité", son fils était bien entendu tout-à-fait apte à l'entendre... En grattant un peu, on se rendait d'ailleurs compte que la saloperie en question, (outre le fait de s'être barrée, mais là, franchement, je me sentais comme une solidarité qui montait, qui montait...) étiat surtout, de la part de cette mère, d'oser réclamer une pension alimentaire au père. Celui-ci tempêtait devant Clopin : "moi je veux bien le garder à la maison, le gamin, vu que je suis quasiment en autosuffisance, mais pas question de payer quoi que ce soit, de toute façon je n'ai pas de boulot, pas l'intention d'en chercher et pas un rond, alors, elle peut toujours courir cette salope, mais tu te rends compte, on ne me le laisse pas garder, y'en a vraiment que pour elles, alors moi je me suis inscrit à l'association de défense des pères" ... Etc., etc.
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