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Dans Mes textes

Ni Dieu, ni maître, et CQFD

Le 13/04/2017

Après la passionnante soirée d'ARTE sur l'anarchie (j'avais l'impression de me retrouver il y a quarante ans, dans le petit troquet où je lisais la revue "La Rue" !), j'ai fait passer le jeu-test "quel anarchiste êtes-vous ?" à tous mes proches.

Bon, ni Dieu ni Maître, je savais qu'on avait tous à peu près ça en commun. Je dis "à peu près", parce que de la même manière qu'on n'a jamais réussi à prouver que la somme des intérêts particuliers aboutissait à l'intérêt général, on n'a jamais réussi à prouver non plus qu'un conglomérat d'individus fort variés, mais appartenant d'après l'état-civil, à une sorte d'entité appelée "famille", développait de ce fait des axes de pensée concordants. D'ailleurs, CQFD  !

 

Dans le reportage, il était dit qu'il y avait presqu'autant de courants anarchistes que de pratiquants. A Beaubec (et avoisinant), ça se confirme rudement, si l'on en croit les personnalités représentant les pensées des uns et des autres :

- ainsi, je serais  aux côté de Murray  Bookchin, théoricien et essayiste  américain, pratiquant l'écologie et prônant le municipalisme llibertaire.

- Tandis que Clopin est, lui, plutôt inspiré par Fernant Pelloutier, français comme son nom l'indique,  militant syndicaliste révolutionnaire socialiste et libertaire (rien que ça...)

- Son premier fils se situe plutôt dans la mouvance de Noam Chomsky, intellectuel américain, linguiste engagé et de tendance anarchiste

- Pendant le second, dit "le Clopinou", n'hésitant devant rien, s'engage du côté du russe Michel Bakounine, fondateur du socialisme libertaire, philosphe et théoricien de l'anarchisme

- et que la copine d'icelui, toujours plus loin, se reconnaît dans le chinois Ba Jin, écrivain, romantique, espérantophone et anarchiste...

Ben voilà : c'est le bordel là-dedans.

Vous imaginez le cauchemar, quand il faut élaborer un menu qui plaise à tout ce monde-là ?

 

Dans Mes textes

Anthrop' au logis

Le 11/04/2017

Comme une petite Margaret Mead, moi aussi je m'intéresse aux moeurs de ceux qui m'entourent, mais "à domicile", en quelque sorte. Ce que j'appelle de l'anthrop au logis, quoi.  Il faut dire que mon principal sujet d'observation n'est autre que Clopin, natif du coin,  que j'étudie minutieusement depuis quelque trente ans, et qui m'a permis d'avancer quelques hypothèses non scientifiquement prouvées sur la sociabilité brayonne. Mais en fait, avant d'écrire un quelconque article savant dans "le journal des anthopologues" du Musée de l'Homme, de la Femme et des habitants du pays de Bray, il faut quand même que je raconte l'anecdote, qui passe par la rencontre des deux "F." : rencontre fatale, puisque les deux F. élèvent des grands noirs du Berry... Ce fut fait cet hiver.

Les deux F. ne sont pas brayons, mais alors, pas du tout. Le premier est un de ces rares médecins généralistes qui acceptent encore de s'installer aux champs. Le second F , après une première vie dans l'industrie pharmaceutique, s'est reconverti : il produit désormais du lait d'ânesse, biologique et éthiquement irréprochable (ce n'est pas lui qui abattrait des nouveaux-nés ânons au motif qu'ils sont mâles et donc ne rapportent pas !),  base de produits transformés dans la cosmétique  et la pharmacologie. Leur implantation est solide, réfléchie, scientifique et (on l'espère pour eux !) fort rentable. L'habitation et l'exploitation sont remarquables : ancien corps de ferme parfaitement adapté, maison de maître élégante... Les deux hommes sont charmants, en plus : tout pour nous donner envie de nouer des relations...

Oui, mais voilà. F. n' a pas les codes !!! Et les codes, dans le pays de Bray, sont très clairs : décalquant de fort près les pratiques des îles Samoens, il n'est pas question, ici, de pratiquer le don, sans recourir systématiquement au contre-don. Je le sais : ça fait trente ans que j'observe le phénomène...

Car le brayon de base découpe le monde entier en deux catégories, qu'il passe son temps à délimiter, quitte à en tracer des frontières poreuses, faisant passer d'un côté à l'autre de la frontière tel ou tel, suivant l'état de ses relations avec le quidam en question. Le monde est donc divisé en deux : à savoir "ceux qu'il connaît" de "ceux qu'il ne connaît pas".

Le vrai brayon connaît donc, en tout premier lieu, tous les autres brayons dans un rayon de dix kilomètres autour de lui. Au-delà... Au-delà, la pratique sociale devient floue, soumise aux lois du commerce international et du capitalisme : la barbarie, quoi. En deça, le pacte est clair : les services et les produits cirucleront, mais suivant un code précis, quoique ni écrit, ni parlé. Ou, pour dire plus simplement, les échanges devront oligatoirement être équitables, scrupuleusement déterminés, rigoureusement suivis et devront démontrer, en dehors de leur valeur "en-soi", l'estime réciproque, le respect échangé, l'égalité de mise entre les personnes concernées (même si les niveaux sociaux ne sont pas les mêmes), et donc l'absolue impossibilité, pour l'une ou l'autre des parties, d'être taxée de poursuivre un but intéressé. ou, pire encore, de vouloir arnaquer l'autre... Ce qu'un brayon, par contre, n'hésitera pas à concevoir, s'agissant d'un ressortissant de la tribu de "ceux qu'il ne connaît pas"...

Ainsi, si vous arrivez chez votre voisin, un panier plein de légumes du potager à la main, (même s'il s'agit de surplus que vous n'auriez pu consommer, compte-tenu de leur profusion et de leur délai de fraîcheur), vous entamez du même coup une série d'échanges qui iront de la boîte d'oeufs frais déposée sur la table de jarin à, l'année suivante, le don de plants de tomates à repiquer tout prêts. Et ceci pratiqué avec toutes les règles de la politesse brayonne, à savoir un art de la conversation qui tourne résolument le dos à la vitesse contemporaine. Nous ne sommes pas, ici, dans la limite des 140 signes du message twitter, mais plutôt dans une proustienne conversation entre la Tante Léonie et Eulalie...

Auusi, sans le savoir, F. commet-il une "gaffe", en voulant à toute force nous ""offrir", par exemple, la luxueuse savonnette qu'il produit gràce à ses Grandes Noires (du Berry, hein...) ; car nous ne saurions l'accepter sans, à notre tour, lui fourrer dans son sac du miel maison, ou de la confiture, ou quelque autre produit. Telle est la terrible loi de l'étiquette, qui veut que l'offrande soit réciproque, sauf à être demandée au préalable, dans un grand accès de confiance dans la générosité de l'autre, exceptionnel chez le brayon moyen...

F. saura-t-il s'adapter ? Pourra-t-il  seulement s'apercevoir , dans cet entrelacs social, de  la vertu  d'échange ainsi dégagée, parce qu'accumulée depuis des siècles, aussi calleuse que la paume des mains paysannes, certes, mais qui permet l'égalité entre le donneur et le donné ? Pour l'instant, ses cadeaux sont obombrés par son envie de bien faire. Il lu faudra du temps, disons, à vue de nez, une bonne trentaine d'années, pour vaincre la pudeur brayonne...  Mais j'ai confiance !!!

Je me demande bien que ce Margaret Mead aurait dit de tout ça, tiens...

 

 

 

Dans Mes textes

Madame la Présidente...

Le 07/04/2017

Vu que Madame la Présidente de l'association Beaubec Productions, c'est bibi, alors allons-y pour la toute dernière toute nouvelle toute chaude newsletter (lettre d'information d'après la clause Molière) !

 

Beaubec Productions - Newsletter N°32

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Beaubec Productions

 
 

Beaubec Productions - Newsletter N°32

Message de printemps !

Les premières hirondelles, les « éclaireuses » sont arrivées en Bray dès la semaine dernière, comme  des messagères apportant  des nouvelles du printemps :   nous saisissons l’occasion pour vous parler de notre actualité, car nous non plus ne chômons pas !

Ainsi, mercredi 5 avril dernier,  le  film « des Racines et des Haies » a été projeté devant plusieurs classes d’élèves de la filière « forestière » du lycée agricole de Mesnières-en-Bray. Une journée enrichissante, bien préparée, devant des jeunes très  attentifs et une équipe pédagogique concernée : c’est bien pour ce genre de moment de partage et d’échange que nous avons travaillé. Gauthier Fihue, éleveur en reconversion bio en a profité pour remercier les élèves de l’aide à la plantation de plusieurs centaines de mètres de haie sur son exploitation… Alors, à quand une projection spécifique en direction des élus du pays de Bray, organisée par une instance « neutre », ouvrant simplement le débat ? La réponse est  sans doute à chercher dans l’agenda du Pôle  d’Equilibre Territorial et Rural (P.E.T.R.) du pays de Bray, puisque sa position  en « équilibre », (comme son nom l’indique) semble  tout naturellement le désigner  comme porteur du projet.   Nous attendons de ses nouvelles… 

 En  attendant, donc,  notre partenaire, l’association l’A.R.B.R.E., organise une projection animée par Joseph DION lors de la Fête de la nature du 19 mai prochain, à Gaillefontaine : venez nombreux !

Et notre tout premier partenaire, l’association A.B.D. qui a coproduit le documentaire « la Bergère et l’Orchidée » (six ans déjà !) participe elle à la journée du Patrimoine de Pays, organisée le samedi 17 juin 2017. Les monts de Sigy sont en effet classés « Espace Naturel Sensible » : le site sera donc visité sous la houlette  de l’écologue Michel Lerond et le film sera projeté vers 17 h au château d’Argueil.

D’autres fers sont encore au feu : par exemple, la traduction en anglais des dialogues des « Racines et des Haies », afin de permettre à nos amis gallois de projeter le film outre-manche, sous-titré. Le projet se précise et sera concrétisé fin avril… 

Enfin, sachez que ce printemps est également plein de promesses pour Beaubec Productions  : un nouveau projet cinématographique  est en préparation, et si, comme nous le souhaitons, le coproducteur pressenti se lance avec nous dans l’aventure, nous pourrions prochainement être aussi occupés que des abeilles bourdonnant autour de leurs ruches… Mais chuuuut !  Pour l’instant, n’oublions pas de profiter des beaux jours qui nous sont offerts, au-delà de toute l’actualité hélas trop humaine de ce printemps 2017 !

L’équipe de BEAUBEC PRODUCTIONS 

Dans Mes textes

De gros poutous partout !

Le 05/04/2017

Je n'ai pas regardé le débat mais, écoutant Patrick Boucheron ce matin, ma curiosité a été éveillée. Et il faut bien l'admettre :  une fois de plus, c'est de l'extrême-gauche qu'une parole disons "non-déconnectée du réel" (pour parler comme Patrick Boucheron) se fraye une toute petite place...

 

Que ça qu'à fout'

Le 04/04/2017

Comme je n'ai littéralement que ça qu'à foutre, j'ai repris une fois de plus le texte autour duquel je tourne depuis... Combien de temps ? Cela se compte en années.

A chaque fois que je m'en approche, j'ai très précisément un mélange d'adrénaline et de trouille qui commence à me nouer le bide. Le paroxysme de ce que l'on ressent quand on passe un test de Q.I. : quel va être le résultat ?

On pourrait croire que je n'en ai rien à foutre : après tout, je n'ai pas besoin de le partager, ni avec Jacques Barozzi, ami bienveillant qui veut bien me relire (au moins me l'a-t-il dit il y a deux ans déjà !) , voire même à Clopin- le plus fidèle guette-au-trou de mon inspiration...

Mais c'est plus fort que moi : si j'écris, c'est pour être lue, ne serait-ce que d'un (ou d'une) seul(e)...

Et puis je n'ai que ça qu'à foutre...

"Elle ne croyait pas en dieu, mais en l’enfer, si : le confessionnal en était la porte d’entrée, puisque c’était là qu’elle avait appris à s’agenouiller."

 

 

Victor et Johnny

Le 03/04/2017

Très joli moment suspendu, hier, à Saint Wandrille : on y évoquait, autour d'une déambulation près de la célèbre Abbaye, l'enterrement de Victor Hugo. Etait-ce le temps (clément) la jeunesse des deux amoureux (Clopinou et sa nouvelle compagne) qui nous accompagnaient Clopin et moi, l'allégresse du printemps - ou l'habileté des comédiens et l'adéquation de la forme du spectable et du propos ?

En tout cas, j'ai pensé que les funérailles nationales de Victor -deux millions de personnes tout de même- permettaient de relativiser le dix-neuvième siècle : parce que, finalement, au vingt et unième, quelles funérailles nationales aurons-nous ?

A part, bien entendu,  celles de Jonnhy Hallyday ?

Soupir...

Mi-elle

Le 31/03/2017

Ah là là. Etant actuellement dans une phase de "couvaison", je me projette avec plaisir dans le travail (heureusement créatif) que je vais avoir à accomplir... Même le dérushage (doublement à prévoir, s'agissant d'un film apicole !) ne me fait pas peur...

 

Mais là où je suis le plus mitigée, voire découragée d'avance, c'est à propos de la musique. Il faut me comprendre : 10 ans de vie avec Jim m'ont gorgée, à la façon dont l'éponge de la vaisselle se gorge d'eau savonneuse, de musiques de toutes sortes. Dès que je pense au film -et sans même préjuger des images qui sortiront de l'oeil de Clopin, j'ai comme des bouffées de musique qui viennent crever à la surface de la bassine de mon inspiration  -ou plutôt de la marmite, car je me fais l'effet d'une sorcière armée d'une longue et africaine cuillère de bois, comme celle-ci :

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pour touiller mes envies...

 

Et c'est là que le découragement me prend. Là que je voudrais être une "vraie" scénariste (comme je voudrais être une "vraie" personne !), reconnue, professionnalisée et tout, avec plein de moyens et des tonnes de stagiaires. Je dirais "Tiens, trucmuche, je veux utiliser ça, et ça"...

 

Et ce serait trucmuche qui se coltinerait les recherces, les maisons d'édition, les producteurs, les droits, la SACEM et les labels, la jungle quoi.

 

Vous me direz que si j'avais plein de pognon, je pourrais aussi commander une musique originale... Mais je ne fonctionne pas comme ça. Je pressens que je serais bien trop influencée par la présence du musicien, ma relation -bienveillante et énamourée, ou au contraire hostile et froide- avec lui, l'air du temps... Je ne suis attirée que par des musiques déjà engrangées, que je convoque au gré de mes divagations, et qui ne demandent  que la vérification "est-ce que cela marche ?" "est-ce que cette musique approfondit le propos, nimbe, met du liant ?"

Alors, le stagiaire imaginaire qui me permettrait d'avoir "no limit" en l'occurrence serait pain béni... Et est totalement imaginaire... Snif...

O saisons, ô châteaux...

Le 29/03/2017

Encore un mois de mai, un mois de juin, qui fleuriront sans moi. C'est un des crimes, je trouve, que notre société commet à l'égard de ses enfants : les enfermer, dès l'âge de trois ans jusqu'à la retraite, loin du printemps.

Et c'est ce que je ressens douloureusement - de plus en plus, au fur et à mesure que le sablier laisse échapper mon espérance de vie- depuis 1968. J'étais ce printemps-là  une fillette désoeuvrée et libre, pour la seule et unique fois de mon enfance. J'ai passé le mois de mai, une grande partie de celui de juin, à me promener (jusqu'à  ce qu'un voisin "bien intentionné" n'alerte ma mère sur les kilomètres qui me séparaient de la maison, soupir) cette année-là : j'ai absorbé, à la manière animale et non réfléchie, le vert tendre des feuilles qui se déployaient, le soleil sur les chemins, le parfum des sous-bois et l'allégresse générale du printemps. Mon amertume à devoir passer ma vie loin de cette fête annuelle n'en est que plus grande : certes, je vais retrouver le printemps dès que je n'aurais plus l'obligation absurde d'aller m'enfermer tous les jours - mais je serais, moi, dans mon automne...

J'ai employé le mot "crime", qui peut paraître sans doute exagéré. Je le maintiens cependant, car enfermer les enfants loin du printemps -loin du printemps quotidien j'entends, de la surprise, du soir au matin, de voir s'épanouir la rose, pousser l'herbe, fleurir l'églantier et se dérouler la fougère - c'est donc les enfermer loin de leur propre floraison.

IL a fallu mai 68 pour que je goûte à cette ivresse, pour que je la moissonne et l'engrange, sans même m'en apercevoir. J'en ai gardé toute ma vie la nostalgie. Et ce n'est pas l'hirondelle aperçue ce matin, juste avant que je ne monte dans ma voiture et me rende dans mon triste bureau, qui me contredira...