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Billets
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clopine
Le 28/10/2016
Ecouté, tard, hier au soir, une émission sur Jeanne d'Arc : je n'y ai pas appris grand'chose (on mettait cependant très fortement l'accent sur le rôle supposé de Yolande, la mère de Charles, dans la manipulation royaliste de la pucelle...), mais une fois de plus, j'ai été surprise par le traitement de l'incident des habits : n'y a t-il que moi que cela chiffonne, si j'ose dire parlant toilette ?
...
Je rappelle le contexte : Jeanne est tombée devant Compiègne, emmenée à Rouen, interrogée pendant 4 mois par le tribunal ecclésiastique présidé par le petit Cauchon. Elle résiste à tout, mais flanche quand on l'emmène devant l'échafaud : là elle renie ses fameuses "voix" (celle qui boutent !) et promet de reprendre des "habits de femme".
Revenue en cellule, elle fait voltte-face quelques jours après, et réapparaît "en habits d'homme".
L'explication la plus souvent entendue à ce sujet est qu'elle aurait subi une tentative de viol dans sa cellule, et que, pour échapper à ce type de violence, elle aurait repris l'habit qu'elle portait pendant toutes ses campagnes, à l'armée. L'habit d'homme, donc.
Mais sur le site d'Hérodote, on dit qu'elle "s'est fait voler ses habits de femme, et que par crainte d'agression, elle reprend ses habits d'homme.
Ben je trouve qu'aucune explication n'est bien claire. D'abord, a-t-elle fait état devant ses juges de ses craintes, soit de subir une nouvelle agression après une première, soit d'être agressée sans qu'il y ait eu de tentative ?
Et si elle en a fait état, cela n'empêche pas de s'interroger sur le processus dans son ensemble.
Parce qu'enfin, autant on peut comprendre qu'à la suite de ses "aveux", on donne à Jeanne des habits de femme, autant on peut s'interroger, à mon sens, sur la facilité avec laquelle elle reprend son habit d'homme. Avait-il été laissé tel quel dans sa cellule ? A-t-elle sonné un gardien, comme on appelle le service blanchisserie d'un hôtel 5 étoiles, pour qu'on lui rapporte son habit ? Comment s'y est-elle prise ?
Et en quoi l'habit d'homme pouvait-elle la protéger d'un viol ? Certes pas une solidité physique ! Alors, le côté symbolique ? Jeanne, en femme, serait une proie. En homme, elle redevient illico la (possible) envoyée de dieu, et donc refroidit ainsi les ardeurs les plus agressvives de ses geôliers... J'ai du mal à y croire... Elle était accusée d'hérésie, mais aussi de sorcellerie. Pas d'habit qui tienne devant la crainte de fréquenter une sorcière, à mon sens, à l'époque...
En tout cas, cette histoire d'habit montre au moins l'importance de la symbolique du vêtement. Dire qu'en 2016, pour toute une partie du monde (notamment méditerrannéen); nous en sommes encore comme dans l'année 1430... Soupir.
J'aimerais bien qu'un "vrai" historien me donne sa version, et surtout me dise sur quels éléments les différentes suppositions sont établies..
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clopine
Le 24/10/2016
J'ai regardé sur france 2, hier au soir, l'émission-moulinette (*) sur Jean Ferrat. Hagiographique, forcément hagiographique, j'y ai quand même appris que notre homme s'est plus ou moins arrêté de bosser à 45 ans, pour se retirer dans un village d'Ardèche et s'éloigner de son engagement politique originel, le Parti Communiste, en adhérant au projet fou de José Bové (pour rappel : construire un nouveau monde altermondialiste en s'appuyant sur le monde paysan) et en râlant, lors d'une de ses dernières prises de parole publique sur la place de son village, contre les électeurs qui avaient à 10 %, voté pour le Front National (il a bien fait de mourir, Jean Ferrat...)
Certes, l'émission était pénible mais le bonhomme diablement attachant et, si l'on en croit ce qui était dit, resté sincère et "sans tache" (autre que ce foutu attachement au PC stalinisé, attachement qui ne commença à prendre un coup dans l'aile qu'en 1980, bien tard, Monsieur Ferrat, bien tard...).
J'ai surtout commencé à frétiller quand l'écran a rediffusé une émission de 1969, qui réunissait sur le plateau Brassens et Ferrat. Hélas, et évidemment, l'émission ne s'est intéressée qu'à la censure qui s'est abattue pendant (des billets envoyés par l'Elysée furax pendant toute l'émission) et après le débat sur Ferrat, interdit d'antenne du coup. (je suppose que Brassens ne pouvait plus être censuré, d'ores et déjà, car devenu intouchable à force de talent...)
Pourtant, d'après les bribes qu'on nous a montrées, le "dialogue" (en fait, chacun des hommes s'adressait à l'interviewer) avait porté sur les convictions croisées de "l'anarchiste", l'indépendant Brassens qui ne faisait guère confiance qu'à lui-même, face au communiste Ferrat, persuadé que la lutte collective était la seule voie de salut. Visiblement, les deux hommes se fichaient comme de colin-tampon, ce soir-là, de leur art, mais tentaient d'expliquer leurs positions respectives. j'aurais bien aimé voir l'intégralité du débat, mais las ! Nous n'eûmes droit qu'à l'anecdotique...
Et à la dithyrambe. D'ailleurs, à ce sujet, un doute m'a saisie (non ! Je ne dirais pas qu'il m'habitait ! Na !!!) quant à la première épouse du chanteur. Le documentaire nous la présentait comme "celle qui avait appris le métier à Ferrat", puis qui se plaignait de ne pas avoir eu de succès. On suggérait que c'était par amour pour elle que le chanteur avait cessé sa carrière, mais qu'évidemment, ça n'avait pas arrêté la déchéance de la malheureuse, se suicidant grâce à l'alcool, pendant que le gentil Jean se consolait dans les bras d'une jeunette dévouée et rencontrée sur la place du village (ça ne s'invente pas).
Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis raidie devant l'histoire "touchante" qui nous était racontée là. Le soupçon m'a gagnée : et si les textes des chansons, au moins de certaines, avaient été écrits par elle, et non par lui ? Cela expliquerait mieux que l'icônique "garçon pur qui arrête la scène à cause de ses problèmes pulmonaires mais qui est un authentique un vrai" ait ainsi stoppé ses activités, et qu'il n'ait plus guère écrit après la mort de cette première épouse (à 50 ans...)
Bon, je fabule peut-être, mais c'est la faute de l'émission, niaiseuse à souhait. ..
Evidemment, pas un mot d'explication sur la vie en Ardèche de celui qui célébrait tant les ouvriers d'usine : pourtant, c'est bien là, en pleine nature, qu'un type un peu sensible peut trouver sans trop renier son origine ni ses engagements la beauté qui fait tant défaut dans la vie laborieuse des petites gens. Le village ardéchois était splendide, la forêt le sertissait, les frondaisons d'automne étaient de la beauté pure...
Nul doute qu'avec 20 ans de plus au compteur, Ferrat le compagnon de Bové aurait fini écolo !
(*) : le saccadé des phrases, la liturgie sentimentale, les prises de vues sempiternelles (fenêtres éclairées se découpant dans la nuit, jardinsoù des chaises de fer s'encombrent de feuilles mortes, suspens foireux du type "le tournant de sa vie causé par un lourd secret" - et on apprend qu'il est sorti avec une jeunette, etc. : l'émission sur Ferrat était si interchangeable avec n'importe quel magazine de ce type, qu'il soit consacré aux faits divers, à l'actualité des stars ou au sport, qu'on avait peine à la regarder, même si l'on était curieux du chanteur dont tout le monde connaît au moins "la montagne" et "ils étaient vingt et cent" en passant par "ma môme elle joue pas les starlettes". J'appelle ça les émissions moulinettes, parce que le spectateur, réduit à un tube digestif, n'a d'autre rôle que de recevoir la pâtée saucissonnée qui lui est servie là.
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clopine
Le 18/10/2016
Je ne l'ai exprimé qu'à ma grande soeur, mais mon agacement n'est pas loin d'être universel. Pourtant, ce n'est pas "mon genre" de fustiger pour un motif qui, finalement, est léger... Mais justement : c'est un peu de "genre"qu'il s'agit.
Sans doute est-il très humain de "se venger", d'autant plus s'il s'agit plus d'une simple moquerie, d'un petit pied de nez, qu'une réelle volonté de blesser l'autre. Mais cependant, le peu de subtilité de ceux qui m'infligent, soit sans le savoir, soit en le sachant, la petite piqûre de rappel concernant mon nom, (c'est-à-dire, en fait, mon identité) me saute aux yeux à chaque fois.
Car oui, c'est vrai, je suis mariée, devant Monsieur le Maire et deux témoins, et j'ai signé "le parchemin" honni par Brassens. Ce qui a dû prendre, allocution du Maire comprise, environ dix minutes.
Quand on m'en parle, je réplique généralement que certes, je suis mariée, mais si peu, qu'on ne saurait en faire état sans se tromper sur mon compte...
J'ai hélas l'impression que personne ne me croie. Ni celles (elles sont plus nombreuses qu'on ne croit) pour qui le mariage a été un aboutissement ou un commencement. Ni celles qui n'ont pas trahi leur célibat.
IL aurait fallu que j'aie la certitude de vivre dans une société affranchie de tout son poids de patriarcat, de tout son machisme, de toute idée de bien à transmettre, pour éviter la question. Or, la société dans laquelle je vis ne correspond en rien à mes idéaux. La réalité étant têtue, c'est sur le conseil du notaire que nous sommes, Clopin et moi "passés à l'acte", juridiquement parlant. Brassens, lui, n'avait pas d'enfant (et encore moins de deux lits différents !)
Mais je ne me sens pas mariée. La lecture du "deuxième sexe" a été déterminante pour moi : fonder une vie commune sur un serment, c'est surtout "rentrer dans le rang", ne plus poser problème, ne plus être 'autre", ne plus être "soi".
Mon opinion sur le mariage n'a donc pas changé, et pourtant : malgré mon sursaut, on me parle de "mon mari", on semble même m'en féliciter...
Pourtant, je peux agiter mes mains devant mes interlocuteurs : ils n'y verront aucune bague. Je peux leur montrer mon courrier : on m'y appelle du seul nom que je me connaisse, certes celui de mon père, mais pas celui de mon compagnon. J'ai dû, à deux reprises, envoyer un courrier à l'administration fiscale, qui s'obstinait, ben tiens, à m'appeler du nom de Clopin... J'ai obtenu gain de cause. Mes bulletins de salaire en font autant, ainsi que la sécurité sociale.
Pas de photo au mur, pour commémorer "l'évènement". Nous aurions voulu, Clopin et moi, ne le dire à personne - mais dès le lendemain, un "bon copain" du Clopinou a été lui raconter. L'enfant fut, à l'époque, fort mécontent d'avoir été tenu dans l'ignorance : c'est qu'il devenait, l'horrible mot, "légitime"...
Je trouve que ceux qui m'apprécient devraient tenir compte de ces signes, ou plutôt de cette absence de signes, qui entourent mon statut légal. Et parler de "mon compagnon" plutôt que "mon mari"...
Quant aux autres, l'espèce de sourire narquois qu'ils arborent en parlant de mon "mariage" (décidément, je ne m'y fais pas !) est le signe de la connivence qu'ils entretiennent, autour de ce sujet là comme de tant d'autres... la bonne conscience de ceux qui veulent que vous leur ressembiez...
Je devrais prendre cela comme un exercice de mortification salutaire : tu te crois différente ? Je te rappelle gentiment que, malgré tes grands airs, la gourmette sociale qui pèse à ton poignet n'est pas un bijou, mais une menotte, même si elle te protège...
Madame.
Pourquoi j'aime Eric Chevillard...
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clopine
Le 14/10/2016
... A cause, évidemment, de phrases comme celle-ci (qui pourrait servir de citation à la feuille de l'A.R.B.R.E., par exemple !) :
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clopine
Le 13/10/2016
Je crois que cela fait quelques siècles que chacun se plaint de son époque. Mais j'ai cependant l'impression (partagée visiblement par les membres de ma famille...) que tous nous souffrons d'un mal endémique à notre temps où, soi-disant, la "communication" est libre, facile, aisée d'un bout à l'autre de la planète, prépondérante et à la portée de tous...
Allez j' illustre.
C'est un sujet qui intéresse, à mon sens, tous les candidats qui sont comme moi à la veille (ou presque, disons que cela se compte désormais en mois...) de la retraite. A combien se montera la pension mensuelle ? Toutes ces années, passées à l'intérieur des murs, à louper le printemps et mal vivre l'automne, combien vont-elles me "rapporter", finalement ?
Intéressante question, à laquelle j'ai eu un début de réponse grâce aux calculs et estimations envoyées par courrier...
Oui, mais voilà. Si je veux partir non à la date prévue, mais en prolongeant de quelques mois, histoire de mettre un peu de beurre dans mes épinards (et autres légumes clopiniens...), ça va se chiffrer à combien ?
Bref, j'étais en demande d'une simulation, une vraie, hein, pas du genre de celles que certaines filles avisées pratiquent couramment dans leurs rapports avec l'autre sexe...
Pas de problème, me direz-vous. Il y a des gens qui sont là pour ça, dans ce très estimable établissement qui se nomme la "CARSAT" et qui est chargé des relations entre le futur retraité, celui qui a vu partir, mois après mois, les sous gagnés à la sueur de son front, et sa (ses) caisse(s) de retraite.
C'est bien entendu là que le bât commence à blesser, et j'invite tout de suite les âmes sensibles à stopper net la lecture de ce compte rendu - rigoureusement authentique, mais si navrant, au fond, qu'on en viendrait presque à envier les anglais brexités et réfractaires aux droits sociaux, c'est dire...
DONC, j'ai téléphoné à la CARSAT, un beau matin tireli tirelo, et un petit peu sur mon temps de travail, je l'avoue...
Je suis bien évidemment tombée sur une saloperie de répondeur, qui énumérait les choix possibles, aucun d'entre eux ne répondant à ma demande de simultation, et qui m'invitait fortement à aller consulter le site internet de la CARSAT.
Ce que je fis tout aussitôt, sacrifiant sans regret ma pause de midi.
Oh qu'il est beau, le site de la CARSAT. On vous y invite à vous inscrire pour avoir un "identifiant", on vous propose des tas d'informations, et on va même jusqu'à mettre, à droite de la page d'accueil, un encart intitulé "prendre rendez-vous avec un conseiller".
Ca me plaisait bien.
Je me voyais déjà arriver dans un bureau, avec mon dossier sous le bras, m'asseoir devant un(e) fonctionnaire ou assimilé(e) (maintenant, quand on va dans un bureau, la probabilité de parler à une stagiaire prétendant à un CDD de six mois et quatre jours a fortement augmenté...), et apprendre le montant prévisionnel de ma pension, si je partais le 1er août 2018, ou le 1er octobre...
J'ai donc cliqué.
On m'a alors demandé de remplir un questionnaire attestant de mon identité, de mon domicile, du motif de ma demande de rendez-vous, etc. J'ai rempli, l'âme sereine et l'estomac vide (ben oui, c'était, je vous le rappelle, la pause du midi...) tous les renseignements demandés.
je suis donc passée à l'écran suivant, qui vérifiait les renseignements fournis à la page précédente. Quelle conscience professionnelle, me disais-je in petto, remplissant ligne après ligne et consciencieusement tout ce que l'on me demandait...
Et je suis passée à l'étape suivante, la trois, qui s'intitulait "Chosir votre lieu de rendez-vous".
Là, il n'y avait rien.
sauf un choix "autre lieu de rendez-vous", qui semblait déplacé, puisque je n'avais encore rien choisi...
J'ai quand même cliqué dessus, puisqu'il n'y avait rien d'autre. Que ceux qui n'auraient pas fait comme moi lèvent le doigt !
On m'a répondu qu'il n'y avait pas d'autre lieu de rendez-vous...
Au bout d'un moment, j'ai laissé tomber et suis allée me rassasier, mais enfin j'étais mécontente, car si mon estomac était calmé, ma légitime curiosité sur ce qui allait m'arriver, elle, ne l'était pas.
Alors j'ai poireauté un peu et, à une heure décente, soit 14 heures, j'ai rappelé au téléphone la CARSAT.
Je suis évidemment tombée sur le même répondeur que le matin, avec aucun des choix ne me convenant. Or, prise d'une subite inspiration, j'ai décidé de patienter au bout du fil après l'annonce enregistrée qui me conseillait, après tous les autres choix et pour la modique somme de 0,75 euros la minute, de retourner sur le site internet.
C'est un tuyau que je vous donne confidentiellement : accrochez-vous quelques minutes après les annonces enregistrées, et, ô joie, vous entendrez une voix humaine en direct.
un vrai être humain, constitué comme vous et moi !
et qui vous répond avec un vraie voix...
Pour vous annoncer, un peu gênée, que la CARSAT ne donnne pas de rendez-vous avec un conseiller.
Comment ça ?
Béh non.
Mais encore ?
Non, vous dis-je.
Mais pourquoi, alors, le site, et l'encart, et les renseignements, et les étapes, et les beaux écrans ?
Ah, ça ?
....
Ca, c'est parce que le site est national, et que les agences CARSAT sont régionales. Et l'agence régionale ne donne pas de rendez-vous avec un conseiller...
J'ai senti ma digestion se bloquer d'un coup. Ce n'était pas que j'étais contrariée. C'est juste que je trouvais que la CARSAT était une belle enfoirée, que je sentais que la personne qui me répondait foireusement n'allait certes pas partager mon indignation (surtout qu'on risquait, d'après le répondeur, d'être enregistrées...) et qu'éberluée, j'apprenais qu'il me faudrait faire les simulations moi-même, ou bien attendre les bulletins envoyés de façon systématique mais tous les cinq ans (c'est-à-dire en 2021 pour un départ prévu en 2017-2018 !!!), ou bien lui donner les éléments là maintenant mais de toute façon je ne saurais que le montant correspondant à ce que j'avais fait dans le privé... Pour le public, c'était ailleurs (mais pourtant, j'avais bien reçu par la poste un récapitulatif complet, privé + public, non ?)
A l'heure où je vous écris, je ne sais toujours pas le montant estimatif de ma pension de retraire, s'il me venait à l'idée de partir le 1er août 2018...
Mais je continue à payer tous les mois, bien entendu.
Soupir.
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clopine
Le 03/10/2016
Je me rends bien compte que ce blog est en déshérence, et qu'il devient aussi désert que l'Atacama. C'est que je suis confrontée au même problème déontologique que tous ceux qui utilisent cette drôle d'arme à double tranchant que constitue le net : à savoir, la déontologie...
Oh, certes, tant qu'il s'agit de vous et de vos petites histoires, c'est une préoccupation du même type que celle qui se joue, tous les jours, avec votre miroir : suivant le souci de l'apparence que vous risquez de donner de vous-même, (et, en ce qui concerne le net, il s'agit tout de suite d'être sous le regard d'un nombre important de personnes, pour la plupart de parfaits inconnus et qui le resteront...), vous recourrez plus ou moins lourdement aux artifices du maquillage. Perso, j'ai résolu le problème en tournant carrément le dos au miroir - ce qui ne m'empêchera pas d'être en butte aux accusations spontanées et bienveillantes d'egocentrisme, d'exhibitionnisme, etc.
Tant qu'il s'agit de vous, tout va bien cependant, malgré l'implacable cruauté du web. Mais quand il s'agit des autres...
Le silence ne peut que s'installer peu à peu, car la sincérité atteint ici ses limites. Bien entendu, il ne s'agit de "rien de grave" : mes proches, mes potes, toux ceux que je croise ici ou là, sont tout comme moi installés dans une "normalité" qui exclut le registre de la révélation infâmante. Mais cependant, si l'on ne vit pas chez Disney, et si l'on veut que l'écriture "rende compte" de quelque chose, alors il faudrait, inévitablement, parler des tensions, des conflits, des appréciations et des "ressentis du vécu".
Et, de la même manière que mes lèvres sont prudemment scellées sur la partie professionnelle de ma vie, comment pourrais-je mettre en cause le moindre, même le plus légèrement du monde, l'un de mes proches ? je sais trop que la plus petite réticence n'est pas acceptée, que l'opinion négative est ressentie comme une gifle...
Et comment se contenter de dépeindre le rose bonbon de ma vie ? Peut-on seulement imaginer une palette de peintre, sans les gris, les noirs, les lignes du tourment, de l'effroi ou de la déception ?
Et comment se contenter de limiter ma vie à ma seule personne, alors que ce sont bien mes proches, ou mes lointains même, qui me constituent, tout autant que mes lectures, mes rêves, mon passé, mes regrets ou mes envies ?
J'aurais pu raconter sur mon blog des accidents et des ruptures, des soirées et des invitations, des conversations et des confidences, bref, ce que j'ai vécu avec le parfum de la Vie des Autres. Des soirées passées à chanter et des réunions familiales. Des nourritures terrestres et des dépenses imprévues, venant grever mon budget. J'aurais pu vous raconter mon dentiste et la fête Brévière, les balades et les soirées d'été, les attentes déçues, les cris et les reproches, les frustrations et les victoires...
Mais je ne m'en sens vraiment pas le droit. La vie, ma vie, devient trop courte et trop grave pour que je me risque à blesser qui que ce soit, ni à "révéler" quoi que ce soit...
C'est la limite du blog, et je l'ai atteinte.
Alors, quoi ?
Ceci, peut-être :
L'écoute, sur la cinq hier au soir, d'Onfray jugeant Mélenchon. J'aurais pu, avant même qu'Onfray s'exprime, parier sur ce qu'il allait dire : reprocher à Mélenchon son "jacobinisme" - cependant, entendre Onfray déclarer benoîtement "je suis un Girondin" m'a fait le même effet que, jadis, ces communistes repentis qui tentaient néanmoins de se justifier en se déclarant "léniniste, pas staliniste". Ou même "marxiste, mais pas communiste"...
Onfray a beau jeu de se déclarer Girondin, puisque la Gironde n'a jamais exercé le pouvoir dans la durée. Certes, leurs idées étaient sans doute plus généreuses, plus intelligentes, moins destructrices que celles de Robespierre - qui ont débouché sur la Terreur... Mais que seraient-elles devenues ? On sait aujourd'hui que les pogroms, le goulag et autres réjouissantes perspectives se profilaient toutes entières dans le programme de Lénine (qui, simplement, n'avait pas prévu que ce serait le camarade Staline qui allait utiliser toutes ces armes... A son profit...). Que, dans Marx, à côté de la lucidité et de l'intelligence qui présidaient à son décorticage des forces en oeuvre dans l'histoire humaine, il y a en germe l'idée de la nécessité de la domination... Alors, la Gironde, toute belle qu'elle soit...
Mais c'est le tour de passe-passe d'Onfray. Il y a quelques années, c'était Nietzsche qui lui servait ainsi d'auto-justificatif. Onfray est passé du domaine des idées à celui de l'histoire, mais, même si je crois qu'il est plus sincère que ce qu'on dit de lui, c'est nénmoins un boni-menteur !
Autre chose :
J'étais ce samedi à Flamanville, à une manifestation anti-nucléraire. Pluie de grêle à terrifier l'australopithèque lambda, (qui du coup aurait inventé la religion et se serait instantanément mis à genoux), pile poil au moment où la manif s'ébranlait. Mais le zef (et le vent, en Cotentin, est particulièrement efficace) a séché nos vêtements, et au final j'ai passé une excellent journée, avec ce contentement du devoir accompli qui anime l'âme militante...

Pendant la marche, je me souvenais de toutes les manifestations anti-nucléraires auxquelles, depuis 40 ans, j'ai participé...

En fait, je suis arrivée à l'écologie par des chemins différents de ceux de Clopin. Ce dernier a été tout de suite sensible aux argumentaires écolos, à la candidature de Dumont et à la mouvance issue du Larzac, de Lanza del Vasto en passant par Pierre Rabhi.
Moi, j'ai été antinucléaire parce que libertaire. Et libertaire parce qu'ayant reçu, cooptée par des profs trostkystes de mon lycée, des cours d'éducation politique - histoire de la révolution française certes mais aussi la révolution russe, les différentes pensées du 19è siècle, les mouvements ouvriers, l'histoire du syndicalisme et les répressions sociales, Rosa Luxembourg et Proudhon... Avec l'intransigeance des très jeunes gens, seul le jusqu'auboutisme anarchiste me semblait représenter l'espoir et la suele pensée intelligente à appliquer. Autogestion et fédéralisme, féminisme et révolution, quoi ... Et du coup, la société nucléaire, fortement étatisée, se dressant sur le silence et la nécessité d'un ordre policé, me paraissait le signe même de cet hexagone exécré...
Je me surprends aujourd'hui à apprécier de payer des impôts, à considérer que la tutelle de l'Etat est la seule garante des droits fondamentaux et la seule capable de protéger l'lintérêt général des intérêts particuliers, bref, je ferais frémir d'horreur la libertaire que j'étais... Mais quand j'entends les profondes désillusions du Clopinou (qui comprend peu à peu les rouages, notamment économiques, du monde moderne et qui en ressort accablé, malgré ses 20 ans...) je préfère encore avoir eu le panache de rêver d'un monde autre à 20 ans, plutôt que d'avoir tout compris tout de suite...
Voilà ce que je peux encore écrire sur ce blog. Et puis vous parler de nos animaux, bien sûr : eux, jamais, ne m'en voudront d'une parole maladroite. Ils sont trop bien pour ça...
l'expression "s'en vouloir à mort"...
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clopine
Le 18/08/2016
J'ouvre France Mu, comme ça, parce que je suis en train de passer la wassingue et autant le faire en se faisant le moins chier possible, pas vrai ?
J'ouvre France Mu, parce que depuis que j'ai quitté Jim, si je veux écouter de la musique ben faut que je la mette, la musique en question, et france mu est plus pratique que de fouiller dans le tas (en désordre) de cd, vieilles cassettes, voire vieux 33 tours, bandes enregistrées et tutti quanti.
Pendant les quelques 10 ans passés avec Jim , je n'avais nul besoin de m'en préoccuper : environ 20 heures sur 24 (hors boulot obligatoire, corvées diverses et accueil des copains), c'était Jim qui s'en occupait. Disons même que c'était quasiment son occupation favorite...
(un peu de la même manière qu'aujourd'hui, il ne me viendrait pas à l'idée de prendre des photos, vu que Clopin s'en charge à même proportion...)
J'ouvre France Musique, et tout le passé me saute à la gueule : voici une interprétation de Texier/Lokwood sur "jazz urbain", de l'album "à cordes et à cris"...
Je revois Jim me demandant (il me consultait rarement, sauf quand il croyait que ce qu'il donnait à entendre pouvait éventuellement me plaire...) ce que je pensais de ce morceau-là.
Et moi, comme une conne, laissant tomber : "trop long".
Trop long.
Bon sang, comment peut-on être sourde à ce point ?
Je pourrais m'en vouloir à mort, rétrospectivement, mais vu l'état de Jim; je vais faire comme Bartleby. Préférer que non...
https://youtu.be/CiS5JdE0c84
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clopine
Le 12/08/2016
Ma lamentable incapacité à produire le plus petit et le plus mal foutu des haïku, le plus humble et timide soit-il, démontrée amplement par un échec oulipien dont il faut que je me relève, ne révèle pas seulement un orgueil mal placé : c'est devenu une sorte de combat entre mon inconscient et moi.
Car mon insconscient est anti-nippon, je dois bien le constater : ce petit salopard a dressé, entre le Japon et moi, une sorte de barrage contre le pacifisme, aurait dit Duras. En vrai, ce que je reproche au Japon, c'est d'être japonais, et ce n'est pas ma récente défaite qui va éclaircir le pourquoi du comment...
J'ai donc décidé de contrattaquer, et pour pousser à la tâche la couenne de mon surmoi, je déclare officiellement que j'officierai ici même, dès demain, dans le genre poétique.
Poétique français, évidemment, je ne suis pas masochiste à ce point
Mais poétique tout de même.
le challenge, ce serait donc de caser des cerisiers en fleurs...
Mais je sens que je vais m'autoriser les pommiers, tiens, d'abord...
à demain, nom de dlà, je remonte en selle et taïaut !