Créer un site internet

Billets

Et en voici une petite, qui contient un brin de médecine, et quelque peu de mélancolie.

Par Le 03/07/2016

 Ces deux-trois derniers jours, plus moyen d'y couper. Pour des tas de raisons aussi vaseuses que variées, et qu'il est absolument hors de question que je vous raconte (d'ailleurs, aucune question ne sera recevable !!!) , il  a fallu que j'y passe... Un peu meurtrie, il a bien fallu, en plus,  que je m'avoue la vérité : pas d'histoires possibles. Je ne pouvais plus faire face, surtout si je restais dans cette demeure où j'habite, et où je ne suis jamais sûre d'être bien chez moi. 

Mais je vis dans un pays formidable, où l'on peut vous proposer des alternatives sécurisées et hors de tout contemporéanité : depuis combien de temps n'avais-je pas profité d'un environnement sans bruit, sans télévision, sans autre présence que celle, légère, d'un personnel médical ayant parfaitement compris mon besoin de silence ? Je pensais à Pascal, à Montaigne, à Descartes : les chambres et les poêles propices à la méditation se cachent désormais derrière les panneaux recommandant le silence aux visiteurs des hôpitaux, et la chance avait même voulu que le bruit des automobiles, sur la route proche, soit espacé et distant, suffisamment pour oublier tous les moteurs de notre civilisation...

Un asile, donc ? Une thébaïde ? La quiétude d'un cloître chrétien ?

Non, faut tout de même pas pousser Mémé (c'est-à-dire bibi), dans les orties. Comme dans le fabuleux livre de Westmacott "loin de vous ce printemps", le face-à-face avec soi-même est d'autant plus douloureux que l'image des "autres", et l'horreur de vos rapports à autrui,  vient également s'y préciser...

Il restait le sommeil. Après tout, j'étais un peu là pour ça. Et puis,  "le rêve n'est -il pas la voie royale de l'inconscient" ?

Forte de cette certitude, et fort médicalement entourée, je m'y suis donc plongée. Mais sans délices.. 

Et le résultat est tombé, dru comme la pluie insensée de cet été qui n'en est pas un :

je ne serai donc jamais plus qu'une Belle aux Abois, dormant.

 

 

 

 

Unborn01

 

 

 

Andy ne se tâte plus...

Par Le 27/06/2016

Car je vais faire vérifier, une fois de plus, la célèbre devise d'Andy Wharol, selon laquelle chacun aura désormais ses quinze minutes de célébrité... Fr3 va en effet diffuser  dinq émissions consacrées au Pays de Bray, cet été, et l'une d'entre elles sera entièrement consacrée à la méritante équipe de "BEAUBEC PRODUCTIONS" (euh... c'est-à-dire, en fait,  à Clopin et moi-même !)

pas d'affolement : ça  passera au mois d'août, vraisemblablement sur un horaire genre 10 h 45 - 10  h 55, sur Fr3 Normandie. Pas de quoi, comme le paon, faire rutiler une queue superbe, mais enfin...

Notez bien que le tournage a été fort plaisant. Entre deux considérations sur le dérushage et le "métier", l'évocation de connaissances communes, le rhume des foins du caméraman et le bon sourire du preneur de son, nous nous sommes sentis à l'aise, Clopin et moi. J'ai essayé de citer les copains, Clopin est revenu sur son militantisme associatif, et miracle ! Il faisait même beau...

Je regardais du coin de l'oeil ce que prenait le cameraman : une araignée dans la vigne, la girouette-charette à ânes se découpant sur le ciel, l'architecture insensée de la grande Sauge de Jérusalem, le chat jaune  se roulant dans le potager, la barrière du champ du bas nimbée du vert strident de l'herbe, le cidre roux versé dans les verres... Je vois d'ici ce qu'"ils" vont en faire.

Mais pourquoi pas ? La journaliste a fini en présentant nos DVD face caméra, et sa voix professionnelle était cependant chaleureuse...

Même si Andy se méfie, Andy dit oui...

 

(à part ça, dentiste à Rouen ce matin. Il pleuvait des seaux et des seaux, à verse, comme il pleut quand il pleut ici. Et autant j'aime bien mon dentiste, petit homme consciencieux et charmant, autant je déteste ce qu'il me fait - et le prix que ça coûte ! Mère de dieu !)

 

 

Dans Mes textes

C'est cession !

Par Le 25/06/2016

Je n'aurais jamais cru en arriver là, mais puisqu'il le faut (grâce à Paul Edel, d'ailleurs, qu'il en soit remercié)  ! J'appelle donc à manifester  dès aujourd'hui  tous les habitants  rassemblés entre Neufchâtel-en-Bray, Gournay-en-Bray et Forges-les-Eaux, pour tenter d'arrêter tout de suite la mauvaise brise qui nous vient de nos anglais voisins...

Car ce serait folie que de quitter la Normandie !

J'en suis convaincue : tout nous attache ici !!! Nous sommes dans une boutonnière : si nous quittons l'affaire, le pardessus sera mal attaché, les pans de la veste flotteront, et il y aura une dissension fondamentale entre le cul et la chemise...

Je vous en conjure : parons tout de suite le mauvais coup que nous inspire la perfide Albion :

 

PAS DE BRAYXIT ICI !

 

 

Dans Mes textes

82 %

Par Le 22/06/2016

82 %. Nous étions 82 % à voter Chirac, en 2002. Bien entendu, cette dernière phrase est grammaticalement correcte mais politiquement complètement absurde. Car dans ces 82 %, la moitié à peu près, disons 41 %, ne votaient pas Chirac : ils votaient contre le F. Haine.

J'en étais.

Moi qui ai toujours voté Parti Socialiste au deuxième tour, point dupe mais convaincue que ce parti pouvait avoir la volonté de contenir les appétits de la droite, cette année-là, j'avais comme une moiteur qui remontait de ma main vers l'urne...

Ma main est sèche aujourd'hui.

Demain, une fois de plus, je ferai grève et irai défiler à Rouen... Les dents serrées.

Car ma résolution est prise : quel que soit le cas de figure, je dis bien QUEL QUE SOIT LE CAS DE FIGURE, je ne voterai pas P.S. au second tour de l'élection présidentielle de 2017.

Je ne voterai pas pour un parti qui  me trahit, qui nous trahit, et dont la seule argumentation est de dire "avec la droite ce sera pire qu'avec nous".

Ce sera pire sans vous,  sans doute.  Mais ce sera SANS VOUS.

Tous ceux qui, demain, vont arpenter les rues, s'en font dorénavant la promesse !!!

 

 

Voilà l'été !

Par Le 20/06/2016

La fenêtre de tir était étroite, mais nous ne l'avons pas loupée. Comme tous les ans, grâce aux amis de "Trésor de Jardin", nous avons randonné et mangé un repas gastronomique  fantastique (je pèse mes mots), où les plantes des talus et sous-bois,  habituellement dédaignées, comme la consoude, la Grande Berce, l'egopode, le plantain, la cardamine des prés, d'autres encore que  j'oublie, sont ici travaillées avec patience, ténacité et intelligence.  Comme en plus nous sommes accueillis dans des endroits fort agréables (hier, une ferme-asinerie" et que des animations culturelles sont proposées (hier, un concert de digeridoo), il aurait été bête de passer à côté...

 

Et pourtant. La météo étant ce qu'elle est, nous avons bénéficié d'une chance rare : car dimanche a été la seule journée sans pluie de juin, et nous avons même apprécié un peu de  soleil... Alors, certes, la randonnée passant par les cavées brayonnes, nous avons tous eu nos chaussures couvertes de boue : l'eau ruisselle à plein dans les chemins creux, et la glaise qui s'attache aux chaussures a provoqué bien des fatigues (tendinite chez Clopin, et courbatures prononcées chez bibi). Mais c'était le prix à payer, et nous nous en sommes tous acquittés de bon coeur (d'autant que les places sont désormais comptées chez Trésor de Jardin, succès de la formule oblige)...

 

 

Dige

Malgré ces bons moments, j'ai quand même du mal à vivre ce mois de juin 2016. D'abord, j'en ai déjà plus que par-dessus la tête de l'Euro de foot, le nationalisme s'étale partout en bleu blanc rouge, jusqu'à la nausée, et on comprend bien que l'enjeu dépasse le sport : il s'agit avant tout de pognon, pas vrai ? Quand on sait que de toutes les "associations loi de 1901" (ou "soi-disant"), la FIFA gagne haut la main la palme de la corruption... bref.

 

Et puis la violence du dérèglement climatique, qui nous vaut  la déception d'un printemps disparu (et en Bray, c'est mai et juin qui rattrapent le reste de l'année... C'est dire d'avance si le mois de novembre sera sinistre, puisqu'on ne pourra même pas évoquer le printemps passé pour se remonter le moral...) répond à la violence sociale, et son dérèglement politique. Comme beaucoup, cela fait pas mal d'années que je vote "socialiste au deuxième tour" avec des arrière-pensées et par une sorte de fatalisme. Mais là... Je ne comprends pas. Les manifs sont composées de milliers de personnes. Valls et consorts croient-ils vraiment que ce peuple, descendu dans la rue, va continuer à voter pour un parti qui prend la responsabilité historique d'avouer publiquement le mensonge de la démocratie représentative ? Car Hollande représente qui, au fait ? Depuis mardi dernier, certainement plus moi...

Jeudi, je retournerai à la manif à Rouen, et je voudrais que chaque manif, désormais, soit plus importante encore que la précédente. Ce n'est plus de la stricte défense du code du travail qu'il est question, mais de l'ensemble du projet social, bafoué par de cyniques politiciens coupés complètement de la réalité du pays, et à la solde d'intérêts financiers aussi délétères qu'empoisonnés.

Et je ne crois pas que le chantage si efficace 'si vous ne votez pas pour le PS au second tour, ou les républicains, vous ouvrez la porte au F Haine" marche cette fois-ci. Nous sommes, nous le peuple de gauche, trahis par ceux-là mêmes qui sont à leurs places (dorées) grâce à nous...
 

Amertume, inquiétude, horreur devant la menace terroriste, monde qui ne va jamais mieux mais toujours plus mal, planète blessée écologiquement...

La fenêtre de tir était étroite, et j'avais, hier, l'impression d'engranger le plus vite possible quelques clichés encore heureux d'un dimanche printanier et bucolique, pour pouvoir affronter le mauvais temps qui vient... (et une dure pluie, une !)

Tous aux manifs, désormais.

 

Dans Mes textes

Voilà l' été ?

Par Le 18/06/2016

Mon ami parisien, Jacques Barozzi,  se démène tant et plus : il vient de publier ceci, au Mercure de France :

 

Product 9782715243750 195x320

C'est un savoureux choix de textes autour du thème, mais hélas... Jacques a beau y mettre du sien : ça ne fait pas revenir le soleil...

Pourtant, la lecture des extraits (surtout celui de Giono, d'une ampleur lyrique qui fait remonter chez moi, à chaque fois, comme des réminiscences virgiliennes !) m'a ramenée à quelque dix ou quinze ans en arrière. Moi aussi j'avais célébré l'été, cette année-là, à ma manière bien sûr...

 

Voici :

Le cahier d’été

 

Cette année-là,  ce serait du solide. Du sérieux. Le cahier en attestait : pas moins de 132 pages, format 21 x 29,7, petits carreaux, couverture plastifiée,  grammage à  120. Puisque le clavier azerty allait rester près de l’ordinateur,  autant voir large.  132 pages, voilà une ambition  avec de la tenue, en  trois semaines d’été…

La résolution était prise : il serait posé là,  à sa place, sur la table du jardin, dès la fin du petit-déjeuner. Ou, à la rigueur, emporté près de la rivière : les larges pierres bossuées  où l’on étalait les serviettes, pendant les parties de baignade,  lui serviraient d’assise.  Ou encore il serait placé dans le panier du vélo, afin d’être utilisé sur les tables des cafés,  pendant les pauses que l’on s’accorderait, au village, en attendant le retour du marché de l’un,  la fin de la promenade de l’autre, ou l’arrêt des tours de manège des deux petits…  

 Mais en tout cas, pas une journée  sans en noircir les pages, sérieusement, et avec de la littérature, s’il vous plaît.  Peut-être pas les 132, en fait. Mais au moins 10… 8… disons  5 par jour…

Hélas, en tout et pour tout, ce furent  trois  pages seulement  du beau cahier sérieux qui  furent remplies. Et encore. Sur la première, on pouvait voir une liste de courses, qui s’égrenait ainsi :

  • 2 kilos de pêches
  • 2 kilos de tomates
  • Chips
  • Glaces à la fraise

Sur la seconde, deux enfants avaient colorié un magnifique dessin, une sorte de couple improbable où un Goldorak  piétinait un monstre assez indéterminé, mais plein de couleurs, avec des zébrures rouges et un gros soleil jaune, dans le coin à droite. Le cahier se souvenait fort bien de l’après-midi où les enfants s’étaient emparés de lui : on n’avait pas pu aller se baigner, cette fois-là…

Quant à la troisième, il y était indiqué, de biais sur la page, d’une grosse écriture ronde qui prenait une large place, qu’on était parti pique-niquer près de la retenue d’eau, et  que, si par hasard l’envie prenait le lecteur de venir se  joindre au groupe, qu’il n’oublie surtout  pas d’apporter une bouteille de rosé…

A  la fin de l’été, le cahier, oublié sur la table du jardin, n’était plus feuilleté que par le vent, qui en tournait les pages…  Et le vent  faisait  naître ainsi  un petit bruissement  narquois, empli de l’écho des rires et des « ploufs dans l’eau », du goût des fruits  mûrs et du balancement paresseux du hamac, un petit bruissement joyeux et satisfait, qui se moquait bien  des  cahiers d’été, des sérieuses résolutions, et de la littérature.

 

Clopine Trouillefou

(Chamborigaud, au bord du Luech)

Luech

 

Luech1

 

L'été, quoi.

 

Dans Mes textes

La bande organisée !!!

Par Le 12/06/2016

J'ai ranconté l'histoire de l'oiseau que j'ai sauvé d'une mort certaine, l'autre jour. Mais ce que je ne savais pas, c'est que les assassins, que je dissociais jusqu'ici, opèrent en fait en bande organisée...

Sisi.

Tenez, ce matin même : la pluie ayant cessé depuis le lever du jour, à 8 heures j'étais dehors :  assise sur le banc encore un peu détrempé mais au soleil,  dans mon jardin, mon mug plein d'earl grey à la main, regardant vaguement mes roses et me demandant si nous allions pouvoir déplier la table de ping-pong : petites questions pour un petit quotidien  de peu de soucis, et rien de bien grandiose ni de bien dramatique...

Quand soudain...

Le gros Roucky passa comme une flèche devant moi, ayant à la gueule un petit corps brun d'où dépassaient, de chaque côté, de minuscules mains roses, presqu'humaines.

On ne se méfie jamais du Roucky, car c'est un chat lent, qui semble avoir moins de réflexes que d'autres, et qui ne saute sur les tables, d'un souple mouvement sans appel, qu'en cas de refus : il commence d'abord par quémander en miaulant qu'on lui évite cet effort en le portant à la bonne hauteur (je sais,  ça paraît  dingue, mais c'est comme ça chez moi. Le chat saute sur les tables...  Nous sommes en réalité au service de  nos animaux, qui profitent sans scrupule de notre faiblesse collective)... Mais cette lenteur et cette paresse proviennent surtout du fait que sa mère a été tuée trois semaines avant son sevrage : certains apprentissages lui ont ainsi manqué.

Mais, même sans apprentissages, un chat reste un chat, bien sûr. Ce n'est pas la taupe de ce matin qui me contredira : elle a compris sa douleur...

Roucky s'était bien gardé de la tuer d'un coup : il comptait sûrement, après l'avoir relâchée, jouer un peu avec - même en n'ayant jamais lu le Maüs de  Spiegelman, on sait bien cela !

Mais l'autre assassin était là lui aussi, j'ai nommé le grand chien maladroit Ti'punch, qui ne lâchait pas son coéquipier d'une  semelle. Et sitôt que Roucky eût laissé tomber sa proie, le voici qui bondit dessus, l'emporta comme un fromage et finit le boulot...

Puis revint, me demanda un câlin  en posant sa tête sur mes genoux, fit une sorte de caresse au chat (qui se demandait encore où était passée sa taupette), et reprit, comme si de rien n'était, sa posture de chien modèle...

Franchement, de quoi gâcher mon déjeuner : aucun scrupule dans les yeux tranquilles de mes assassins préférés. C'est bien la peine d'avoir des animaux qui se prennent visiblement pour des êtres humains, si on n'arrive pas à  leur inculquer un peu de culpabilité, deux sous de remords et un peu de sens moral...

 

Soupir.

Clopinou ou la problématique de l'exploit

Par Le 10/06/2016

Le troll Lucien Bergeret, s'il n'a pas réussi à attaquer les fondements de mon ego, m'a néanmoins tant harcelée que je suis devenue, sur le ouèbe, assez paranoïaque. Ainsi, j'ai soupçonné une simple visiteuse de ce blogounet,  qui me témoignait de l'admiration, d'être le troll, et je l'ai rembarrée... Elle voulait simplement des nouvelles du Clopinou.

Je suis d'autant plus disposée à lui en donner qu'aujourd'hui, je ne peux penser qu'à lui. Il passe en effet un oral important. Oh, s'il le rate, ce n'est certes pas une catastrophe : il pourra poursuivre le cursus universitaire dans lequel il est engagé, sans problème... Mais s'il réussit, il aura accompli là une sorte d'exploit.

Et je me rends compte que Clopinou est en fait un habitué de "l'exploit", ou au moins d'une sorte "d'héroïsme" : c'est sa façon à lui de quitter l'enfance  :  en en conservant l'exaltation...

S'il entre en prépa, il faut qu'il devienne le premier de sa cohorte. S'il étudie l'économie, il faut qu'il vérifie par lui-même la pertinence des thèses enseignées.

Il a toujours été comme cela : une sorte de "jusqu'au boutisme" : la tiédeur ne lui convient pas. Ce qui l'intéresse, c'est d'attaquer la falaise, quoi. Au diable les sentiers...

En terminale, et en toute innocence, Clopinou était capable de me dire : "bon, je viens de passer 6 heures sur mon devoir d'économie, il faut que je m'aère un peu, je vais aller lire Bergson"

Tout en pouvant passer des heures sur les jeux vidéo, comme tous les garçons de sa génération (et du coup, ça me rassurait un peu, qu'il soit "comme les autres". Paradoxe maternel !)

N'allez pas croire que ce besoin, cette volonté d'aller au bout des choses soient limités aux études. Clopinou agit toujours de même. S'il entreprend un régime alimentaire pour renforcer sa frêle (au moins en apparence) constitution, il ira droit vers un régime d'athlète, négligeant les étapes...

Bien entendu, cela lui joue des tours. Lors de la seconde année de prépa, (et soutenu par le fait qu'il était le major de sa promo), il s'est si complètement immergé dans la préparation de son concours qu'un échec paraissait impossible... Et qu'il a pourtant eu lieu. 

C'est là que j'ai eu peur : comment, lui qui a rarement connu l'échec, allait-il réagir ? Son orgueil conséquent, qu'il partage avec son père et son frère d'ailleurs, n'allait-il pas transformer sa déception en révolte, et la révolte le conduire à l'abandon vexé ?

Il n'en a rien été, et Clopinou persiste dans ce besoin de challenge, de mise en danger, de confrontation. Il pourrait benoîtement étudier tranquillou une matière qu'il aime, histoire de se préparer un destin d'enseignant, ma foi rassurant.. Non. Il en veut plus, refuse les cursus trop scolaires, veut s'attaquer à des problèmes complexes, a envie d'excellence...

L'exploit, quoi.

C'est très enfantin, et touchant à mon sens. (Mais bien entendu, comme je ne suis pas objective et que je pète de fierté, on ne peut me croire absolument sur parole, !)

A part ça, un garçon charmant. Larges épaules, minceur excessive, bassin étroit et jambes maigres. Une taille moyenne, que la minceur et l'aisance corporelle fait paraître élancée.  Les plus beaux yeux bleus du monde (ce sont ceux de son père...), capables de s'écarquiller gaiement mais aussi, parfois, d'envoyer des ondes glacées de réprobation. Un manque absolu et délibéré de sens pratique : il laisse à d'autres (en l'occurrence, sa copine) le soin de la gestion quotidienne, s'accommodant, ma foi, de ce qu'on veut bien lui donner.

j'ai bien peur de lui avoir transmis, par réaction contre la méticulosité paternelle, un certain laisser-aller envers les objets, qui se traduit par de petites catastrophes répétées (oubli de valise dans le train,  pertes et fracas.) traduisant une négligence, mais c'est peut-être aussi, là encore, un résidu d'adolescence rebelle...

Je me rends bien compte que parler d'"adolescence rebelle" à propos d'un étudiant brillant et investi peut paraître inadéquat : mais c'est sa manière à lui de vouloir forcer le destin.

Nous verrons bien (et je le saurai avant la fin de la journée) ce que ce dernier va lui réserver en retour !

En attendant, je n'ai jamais autant regretté de n'avoir pas la foi, car j'aurais fait une prière, aujorud'hui, pour mon grand Clopinou.