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Billets

Dans Mes textes

L'inquiétude d'une étrange beauté...

Par Le 09/06/2016

L'être humain est quand même pas terrible, quand on voit ce que la nature produit ailleurs (et je ne parle pas seulement des tigres !) : ici même, au beau milieu du pays de Bray, dans un milieu parfaitement inattendu (mais stratégique en regard de certains thématiques), un pote à nous a trouvé un  champ "d'orchis abeille", des orchidées protégées et garantes de biodiversité...

 

Orchidee

C'est quand même autrement foutu, question esthétique, que notre à peu près glabre peau rose, nos membres qui pendouillent et nos extrémités fourchues. C'est beau, quoi, une orchidée, même si cete beauté a quelque chose d'inquiétant, à force, comme tout ce qu'on a du mal à comprendre...Unnamed

 

Il parait que celle-ci se déguise, pour mieux la tromper, en abeille, d'où son nom. Mais qu'importe le nom, pourvu que ce genre de splendeur continue d'exister, même (et surtout) sans nous...

 

 

 


 

Etienne et Jules (ou plutôt Antoine et Pierre !)

Par Le 08/06/2016

Ce billet est mis en ligne ici pour contourner sournoisement la modération assoulinienne. Que ceux qui n'y comprennent que pouic passent gaillardement leur chemin, on ne leur en voudra pas !

 

aouh la polémique, Victor !

Je tape vite, j’ai donc retranscrit le billet d’Antoine Perraud sur France Cul, tout en l’écoutant. Voici :

« « tout part alors du blog de Pierre Assouline, la République des livres. Ecrivain, critique et membre de l’académie Goncourt, Monsieur Assouline, qui cloisonne en général assez bien les choses, s’adonne au conflit d’intérêts le 13 mai (cette date tient du mauvais signe, en République). Le connaisseur de la vie littéraire, sournoisement, cède le pas au juré vexé. Joseph Andras a mordu dans la main qui le primait, il mérite une fessée. La correction de Maître Assouline prend la forme d’une intrigue. Fondé sur des cancans, son billet de blog, allusif et vipérin, devient rampe de lancement de la rumeur. A partir d’une évidence, sans importance, (Joseph Andras est un pseudonyme, le domaine littéraire en regorge…), la calomnie s’insinue, comme dans le Barbier de Séville. Nous aurions affaire à une imposture, une nouvelle « ajaritude » (Emile Ajar fut le prête-nom de Romain Gary, qui roula ainsi les Goncourt en obtenant une seconde fois leur prix en 1975 pour « la Vie devant soi »).
Misère de la critique littéraire, incapable de faire entendre une voix « experte », capable de tordre le cou à une telle ineptie.
Profitons-en pour saluer ici, le dernier géant de la critique encore en vie, Jean-Pierre Richard, né en 1922, auteur de « littérature et sensations » (quel titre !), en 1954, de « poésie et profondeur », en 1955 , mais également d’ouvrages plus récents, chez verdier, dans lesquels il se penche sur des auteurs contemporains comme Marie Desplechins.

Faute d’arbitres avertis, la presse verse dans le petit sensationnel, le Monde publie ainsi, jeudi 2 juin, une prétendue enquête qui consiste à faire le tour de la rumeur pour constater, sans vraiment l’avouer, qu’il s’agit d’un tuyau crevé. Non, ce Joseph Andras ne cache pas un autre auteur tel Khamed Daoud, mais feignons d’y croire un peu, dans notre société faisandée où il faut bien vendre du papier.
Et voici que Pierre Assouline en re-gazouille une couche, sur twitter, toujours le jeudi 2 juin : « un coup de Tarnac derrière le mystère Joseph Andras ? Un collectif radical écrivant, pourrait être derrière l’auteur de « de nos frères blessés ».
Tout cela relève de la cabale des ignorants. Joseh Andras , qui ne veut rien lâcher de spontané, s’interdit de parler à la radio ou à la télévision. Chacun est en droit d’ironiser sur cette forme de constipation mentale. Pour autant, cela n’autorise personne à propager un délire sur-interprétatif. Joseph Andras, de surcroît, refuse toute conversation avec un représentant d’une presse écrite, ocultée, à ses yeux, par les capitaux. Point de vue difficilement contestable, tant des capitaines voire des chevaliers d’industrie ont fait main basse sur les journaux. Le romancier n’accepte donc que les interviews par courriels, ce qui nourrit bien des suspicions en retour.
Il se trouve que votre serviteur a parlé avec Jospeh Andras, à l’occasion d’un entretien pour Médiapart, mis en ligne mercredi 1er juin. Je fus le seul à être traité en interlocuteur, c’est-à-dire en « passeur », et non en simple boîte aux lettres. Nous nous sommes entretenus plus d’une fois au téléphone, et je peux ici affirmer, en connaissance de cause, qu’il s’agit d’une personne singulière, identifiable : Joseph Andras à l’oral est « raccord » avec le Joseph Andras à l’écrit. Alors, lisons ce qu’il a écrit de mieux jusqu’ici : « De nos frères blessés », aux éditions Acte Sud.  »

Eh ben, dites donc !

Alors là, j’ai envie de dire deux-trois trucs. Un, c’est que, lorsque j’ai lu le billet que Pierre Assouline a consacré au refus du Goncourt par Andras, je n’ai pas décelé une quelconque allusion au fait que ce serait Kamel Daoud qui aurait en réalité écrit le livre. Non. Pierre Assouline regrettait le refus du jeune homme en s’étonnant qu’un être si jeune soit si arrogant, et en relevant le mystère qui régnait sur son identité, point.

c’est dans les tweets que Pierre Assouline a commencé à faire planer un sérieux doute sur la paternité de l’ouvrage. Il a toujours employé le conditionnel, et s’il se faisait le relais d’une rumeur (il disait d’ailleurs que c’était une rumeur), on ne peut cependant lui attribuer, tout de go comme cela, la paternité de la rumeur. Après tout, de bonne foi, Pierre Assouline a pu ajouter foi à des rumeurs qu’il a entendues…

D’autant que, si Antoine Perraus a personnellement rencontré Joseph Andras, bibi j’ai personnellement, ici même, interpellé notre hôte sur la question : était-il suffisamment vexé pour vouloir du mal au jeune homme ? Certes, si la rumeur était vrai, les vertus de Joseph Andras pâlissaient rudement. M’enfin il n’empêche que le bouquin était bon, et que la « misère critique » que dénonce Perraud ne l’est pas tant que cela, miséreuse, puisque justement le livre a emporté le prix…

En fait, j’ai envie de dire à Antoine Perraud ce que j’ai dit à Pierre Assouline. A savoir que sans procès équitable et productions de preuves, tous les propos relèvent un tant soit peu de la calomnie.

Si Antoine Perraud n’a d’autres preuves que celles qu’il avance dans son billet, alors à son tour il calomnie Pierre Assouline, ou au moins il lui dénie la présomption d’innocence. Imaginons que Pierre Assouline prouve qu’il a entendu l’histoire de Tarnac au restaurant, avec tel ou tel, et qu’il ait simplement décidé de la relayer, en toute bonne foi. L’accusation de Perraud, à savoir que c’est SCIEMMENT qu’Assouline fait courir les bruits, pour se « réparer », tombe…

Sans compter que bibi, je lui ai carrément posé la question, et qu’il m’a calmement répondu que non, il n’était pas vexé…

Bref.

Et qui nous dit qu’Antoine Perraud n’est pas berné à son tour ? Le voici si flatté d’avoir été le seul interlocuteur autorisé par Andras qu’il ne peut même soupçonner ce dernier de perdurer dans son attitude mystérieuse… Parce qu’en fait, il y aurait bien un loup…

Bon, alors je me répète. Tant qu’on n’aura pas étayé les dires de l’un, ou de l’autre, par des preuves, tout restera incertain. Mais je maintiens que les tweets assouliniens étaient rédigés au conditionnel et avec points d’interrogations, alors que les accusations pernaudiennes sont à l’indicatif.

Par contre, là où les deux hommes sont carrément à l ‘opposé, et chic ! C’est quelque chose de facilement vérifiable, c’est sur la posture d’Andras face aux médias. Assouline nous a dit qu’ayant beau avoir refusé le prix, l’auteur ne s’en répandait pas moins dans les médias. Perraus affirme précisément l’inverse ! Là, nous pourrions vérifier nous-mêmes, non ?

Bon je vous laisse, je suis un peu amusée par toute cette affaire, assez découragée par l’aplomb des uns et des autres, et je m’en vais finir par l’acheter, moi, ce bouquin si ça continue. Comme ça je m’en ferais la critique à ma propre aune, en laissant les remugles du marigot à nos deux représentants…

Et ça me fait penser à Etienne et Jules, du si regretté Roger Riffard. Vous connaissez ?

 

Un jour, mon pote Etienne
Me dit sans préambule
Il faut que j' t'entretienne
De notre copain Jules

Certes, reprit Etienne
J'éprouve un grand scrupule
Et même de la gêne
A parler mal de Jules

Le diable, ajoute Etienne,
Me change en libellule
Si j'ai la moindre haine
Contre notre ami Jules

Mais voilà, fit Etienne,
Le secret qui me brûle
Prends-en bien de la graine
Et méfie-toi de Jules

Et d' la bouche d'Etienne
J'appris quelle crapule
Rôdait comme une hyène
Dans le cœur noir de Jules

Mais v'là que je trouve Jules
Place de la Madeleine
Trois jours après que j'eus le
Plaisir d'entendre Etienne

Du coup, j'apprends par Jules
Autant qu'il m'en souvienne
Quel vilain bruit circule
Sur le compte d'Etienne

Depuis lors, je stipule
Qu'on distingue avec peine
Le contenu d'un Jules
De celui d'un Etienne
Le contenu d'un Jules
De celui d'un Etienne

 

(remplacer Jules par Antoine, et Etienne par Pierre !) http://www.deezer.com/search/des%20jules%20et%20des%20%C3%A9tienne

Dans Mes textes

Libre villanelle

Par Le 08/06/2016

Ca s'affolait dans la grande salle : j'y suis allée voir. Grands battements d'ailes, coups sourds de l'oiseau étourdi contre les vitres et les meubles... Et présence de deux Assassins, ce qui n'arrangeait rien aux affaires de l'oiseau... 

Non, ne vous récriez pas : ce sont vraiment deux assassins que ces deux-là, j'ai nommé le Gros Chat Roux et le Chien Fidèle.  En ce moment, dès sorti dans le jardin, Rouky n'a que ses griffes à cran d'arrêt à tendre, et il chope musaraignes et oisillons, à foison, et hier, un jeune loir. Quant à Ti'Punch, n'est-ce pas lui qui, en février, a tué un tout jeune agneau, comme ça, par plaisir ? S'il avait été  vraiment chien de berger, un tel meurtre lui aurait valu un coup de fusil, dans la grange. Mais, soupir, nous sommes contre la peine de mort, et avons changé le jugement en simple (mais formelle) interdiction de pré, à perpétuité...

Là, l'oiseau égaré dans la maison n'en menait pas large : le gros chat roux était déjà monté sur le dossier du  divan, et, fixant de ses yeux verts et cruels l'emplumé, il calculait son élan... Quant au chien, à la porte d'entrée, il suivait toute la scène en gémissant un peu, par convoitise de ce qui allait se passer...

Je suis donc intervenue, tel dieu retenant la main d'Abraham. J'ai crié après le chat, qui en a sursauté de surprise et a filé sans plus demander son reste. Intimé l'ordre au chien de sortir de la pièce. Ouvert en grand les trois fenêtres.

L'oiseau s'était réfugié derrière le secrétaire : j'ai poussé le meuble, pour lui permettre de passer plus facilement, et suis à mon tour sortie de la salle, en fermant derrière moi la porte vitrée. S'il n'était pas blessé, il saurait bien sortir tout seul. Sinon, il serait toujours temps de le prendre dans mes mains, et de tenter de voir ce qui n'allait pas...

Cinq minutes plus tard, je suis donc revenue dans la pièce. Plus personne derrière le secrétaire : très bien. Je me suis retournée : l'oiseau était là, posé sur la table basse, parfaitement immobile.

C'était une merlette, une jeune, au plumage brun. Tétanisée de frayeur, sans doute, et mes cris n'avaient sûrement rien arrangé... Je me suis adressée à elle le plus doucement que je le pouvais : "Oiseau, tu es libre, tu peux t'envoler maintenant". 

La merlette ne bougeait pas, sauf son oeil, qui me dévisageait. Avez-vous déjà été regardé par un oiseau ?  Ou plutôt, avez-vous déjà échangé un regard avec un oiseau ? C'est une expérience fascinante, à mon sens, car le lien, si improbable, si indéfini, si peu compréhensible de part et d'autre, existe bel et bien. Nous nous sommes vraiment regardées, la merlette et moi...

Elle restait toujours immobile, et je suis une humaine : j'ai avancé la main, toujours en parlant doucement, et le coeur s'est mis à me battre. Allais-je réussir ? Derrière nous, les trois fenêtres étaient largement ouvertes. L'oiseau allait-il me laisser le toucher ? Le prendre ?

Je voyais, dans la glace qui recouvre la table basse, le reflet compact de la merlette, et l'ombre de ma main qui avançait vers elle...

PFFFRRRTTT...

A la dernière seconde, l'oiseau s'est envolé.

Soupir. La mansuétude n'est pas toujours récompensée...

(Je me suis consolée avec Berlioz : cliquer ici !)

 

Merle noir rele 1p

 

 

 

 

 

trois petits tours...

Par Le 04/06/2016

J'ai vécu tour à tour trois jolis moments, cette fin de semaine.

 

Le super petit film-bijou "les pieds dans le tapis" : ça se passe en Iran et en France, et si c'est une réussite, c'est qu'il y a quelques solides raisons à cela : il témoigne complètement de notre temps, notamment le « rétrécissement » de notre planète, mais en positivant ce phénomène ; pas question ici de regretter le brassage des populations, le terrible et redoutable « choc des civilisations » comme dirait un Finkielkraut. Ici, vive le cosmopolitisme ! Vive la vie !

– c’est une sorte de « tour du monde » que nous faisons en une heure et demie, à condition d’exclure les états-unis de ce tour de monde, et d’accepter l’idée que son centre soit situé à… Brive-la-Gaillarde (!)

– rien n’est occulté dans ce film : ni la mort, ni la maladie, ni les difficultés sociales (des grévistes non payés depuis 6 mois…), ni la rigidité d’une société bloquée (la formidable scène des fiançailles), et pourtant tout devient aimable, et surtout les iraniens…

– quant au travail sur les préjugés, il est formidable. Je ne crois pas avoir déjà assisté (sauf peut-être dans Borat) à un tel jeu de massacre (dans le bon sens du terme) , mais, contrairement à Borat, précisément, le registre ici est si léger et plein d’humour que rien n’est asséné, tout est suggéré !

– le film est évidemment complètement féministe. Le moment disons « hot » du film, avec l’attente d’une scène d’amour, est traité comme je ne l’ai pas encore vu, et c’est irrésistible d’après moi.

– la mise en scène est enlevée – même si le procédé des appels téléphoniques a déjà été vu ailleurs, il est ici comme le reste : à sa place. Et les autres gags visuels (notamment le dernier) sont très réussis.

– quant à l’interprétation ! Le personnage de la mère demandait une interprète à la hauteur : l’actrice, c’est peu de le dire, est formidable, c’est juste l’élégance incarnée, et la maîtrise de soi. J’ai encore dans la rétine les gestes de sa main, quand elle renonce à comprendre quelque chose (ou qu’elle fait mine de renoncer, parce qu’en fait on sent que cette femme ne renoncera jamais !)

– la blondeur de la Briviste ne m’a pas dérangée, au contraire, car elle souligne le contraste entre le « noir iranien » et la « lumière » de la « doulce France ».

– et enfin, et en effet, comment ne pas chavirer en entendant le poème (sublime) d’Hugo, dit si magnifiquement par Villermoz ?

Un film qui a abordé tous les sujets douloureux de notre temps (l’embargo, tenez) et dont on sort avec le sourire, le coeur léger, et amoureuse ? Mais on en redemande !

lien ici : http://www.arte.tv/guide/fr/057873-000-A/les-pieds-dans-le-tapis

 

Le deuxième joli moment fut, hier au soir, la conférence gesticulée de Manuel Moreau sur le thème des "trois petits cochons" : c'est drôle, pédagogique, superbement joué, politisé et plus que sympathique. Si toi aussi, entre toutes les matières, c'est la ouate que tu préfères, fonces-y.

 

lien ici :https://www.youtube.com/watch?v=Pys8hh7BTBg

 

Enfin, ce matin, j'ai visité une charmante maison à ossature bois, isolation thermique +++, pompe à chaleur, récupération des eaux de pluie : grande, spacieuse, lumineuse, dans les frondaisons, ni tapageuse ni ostentatoire mais pleine de charme : oui, cela peut exister, et c'et même l'avenir...

 

 

Dans Mes textes

le courage des oiseaux

Par Le 31/05/2016

Je pense au courage des oiseaux : la pluie de ce printemps, froide, épaisse, et continue, ne doit pas leur rendre la vie plus facile que ça. Et pourtant, dès qu'ils le peuvent, sans attendre que les arbres, l'herbe, le jardin, aient eu le temps de s'essuyer, dès la dernière goutte tombée et en attendant la prochaine averse, les voilà qui lancent leurs appels et leurs chants, au-dessus du jardin détrempé et des flaques d'eau encore stagnantes.

Les plantations, elles, n'ont pas cette volonté : les roses trémières, encore à l'état de projet, vont avoir du mal avec la moisissure qui plombe déjà  les larges feuilles. Quant au potager...

Une dizaine de départements, nous dit la météo, sont en alerte (pendant qu'ailleurs dans le monde, une terrible sécheresse s'abat, notamment sur l'Inde, et que la famine s'installe à Madagascar), et pendant que je vous écris,  en face de moi, une longue dégoulinure humide vient endeuiller le mur - pendant l'averse, il nous faut mettre un tupperware en-dessous de la fuite, endémique à cet endroit de la toiture (une dizaine de traces  sombres, autour du recoin où mon bureau est installé, en témoigne, et même si les dégâts des eaux ne sont pas très graves, se réduisant à quelques traces, le "ploc-ploc" de la goutte tombant dans le récipient n'est pas sympathique à mes oreilles) :  Clopin combat cette fuite  avec la même vaillance que les oiseaux, certes, mais lui est obligé d'attendre "que ça s'arrête" avant d'envisager la moindre intervention.

A chaque fois, on tente de se rassurer : cela arrivait aussi, avant le dérèglement climatique... Mais bof, cette pensée-là ne m'aide pas beaucoup.

Je préfère tendre l'oreille au chant des oiseaux : tant qu'eux tiennent le coup, n'est-ce pas ?

 

Dominiqualité...

Par Le 29/05/2016

 Ce que j'aime le plus en avril-mai-juin, ce sont les matins du dimanche. La route qui va à Neufchâtel est bien moins fréquentée, et du coup, les chants des oiseaux du jardin sont d'autant plus perceptibles. Aujourd'hui, après les orages des jours derniers, la brume s'est installée et l'atmosphère n'a pas la cristalline légèreté de l'habituel  mai, mais n'importe : la fenêtre a laissé entrer, à l'aube, un tel pépiement que je me suis levée, pour mieux écouter ça.

               

Je ne connais pas assez le chant des oiseaux pour repérer, comme certains amis de l'A.R.B.R.E, les espèces à leurs différentes prestations . Mais je sais qu'à Beaubec, nous avons des passereaux de toute sorte, ainsi que d'autres sortes d'oiseaux  : mésanges mais aussi troglodytes ou rouge-queues, pinsons et coucous, moineaux friquets  et gobe-mouches, tourterelles turques aux roucoulements mouillés et coucous aux deux notes répétées... Nous avons aussi les chouettes effraies (trois nouvelles petites recrues habitent l'abri aménagé par Clopin), les pies aux costumes d'un monacal  noir et blanc, les étourneaux qui viennent parfois se rassembler en haut des peupliers, en dortoirs bruyants avant la nuit. Des hérons et des cigognes, dont une remarquable car noire, survolent parfois nos prés, tout comme les oies sauvages qui barrent, au moment des migrations, le ciel de l'aile  en  "V" de leurs formations : escadrilles pacifiques, celles-là, et dont la mouvante beauté ne dure que le temps d'un  battement d'ailes sur le bleu céleste, signe  qui s'évanouit et se renouvelle, "mobilis in mobile" lui aussi !

Je me souviens de ce passage dans Giono, où un paysan, volontairement, jette du blé sur le sol, "pour que les oiseaux reviennent" : hélas, notre blé d'aujourd'hui aurait-il le même effet, alors que, les savants nous le disent, les oiseaux d'Europe connaissent une effrayante régression, dûe à l'agro-chimie ?

En tout cas, dans la demeure de Clopin, pas de danger de disparition : les oiseaux font un tel tapage qu'on ne peut ignorer leur existence...

(et dire qu'à Rouen, dans les minables piaules où j'habitais, jeune fille, j'étais réveillée par le grincement métallique, grinçant et répétée du camion poubelles brinquebalant de droite et de gauche... )

Dans Mes textes

les butins de Clopin

Par Le 26/05/2016

Eh oui, Clopin est un voleur ! Tout apiculteur l'est un peu, puisqu'il s'agit de piquer aux abeilles (tout aussi butineuses que lui) le miel que ces admirables insectes confectionnent... Mais Clopin est AUSSI un mec de l'image : alors, non content de faire dans l'apicole, il fait aussi dans le reportage sur mesure... Et ça donne un clip-clap qui vient enrichir la caverne d'Ali-Beaubec, là où est entreposé le butin de Beaubec Productions  !

        

En fait, les images étaient engrangées depuis l'été dernier, à ma demande. Je voulais les illustrer par une musique entendue sur France Musique l'année dernière, mais je n'ai trouvé personne pour me donner les renseignements nécessaires (et pourtant, je suis allée jusqu'à téléphoner 6 fois aux services des auditeurs de france mu, et j'ai envoyé une lettre avec une enveloppe timbrée à mon adresse : peine perdue ! Soupir)

Et puis, cette année, j'ai écouté  une nouvelle musique (moi aussi je butine !)  qui m'a fait penser aux rushes inemployés : on a essayé avec Clopin et bingo ! Ca fonctionne !

Je dédie donc le clip-clap à deux entités :

- à Jacques CHESNEL, dont la passion pour le jazz ne s'est jamais démentie

- aux abeilles butineuses, qui ont sacrément le moral, puisqu'elles continuent à survivre aux lobbies de l'agro-chimie, et aux "élus républicains" qui ne butinent pas, eux, mais qui lèchent le cul  des lobbies sus-nommés  (voir la décision du Sénat de continuer à autoriser l'utilisation du round-up de Monsanto...)

Et pour les lecteurs de ce blog, ils auront bien compris qu'en butinant ces images, ce n'est pas seulement un peu de miel que Clopin aura mis en pot. Il s'agit aussi de ces belles fins d'après-midi d'été, où je prépare le repas du soir en écoutant Onfray, sur France Culture, me parler philosophie, pendant que les abeilles récupèrent le miel resté au fond des hausses, après la récolte. Un de ces moments hédonistes, aussi parfait qu'une alvéole emplie d'ambroisie, qui éclairent parfois, pendant quelques secondes trop vite envolées, le cours de nos vies...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la Grève...

Par Le 25/05/2016

Demain je vais faire grève... Mais. Ben oui, il y a un "mais" : et  ce n'est pas celui de 68...

Je m'explique. J'étais trop jeune en 68, mais cependant, quand je repense aux photos de ce temps-là, c'est la bouille réjouissante de Cohn-Bendit narguant un CRS que je revois. Je crois que tous se souviennent de ces photos là :

 

Sindaco1

Dany mai 1968

 

Ah, certes, il devait être être bien agaçant, ce jeune homme... Mais on ne peut lui retirer une chose : il s'amusait. Il était narquois, provocateur, insupportable... Et rigolard...

Eh bien, vous pouvez toujours chercher dans les cortèges d'aujourd'hui : ça ne rigole plus. Du tout.